Jazz Bonus : Orquesta Akokán - 16 Rayos

Mis à jour le jeudi 21 octobre 2021 à 11h46

Après un premier album éponyme largement salué en 2018, nommé aux Grammy ainsi qu’aux Billboard Latin Music Awards, le supergroupe américano-cubain Orquesta Akokán poursuit sa conquête avec un second LP sur le prestigieux label new-yorkais Daptone Records, qui fête ses 20 ans cette année.

Jazz Bonus : Orquesta Akokán - 16 Rayos
Orquesta Akokán, © Jacob Blickenstaff

Autour du chanteur José ‘Pepito’ Gómez et du producteur Jacob Plasse, on retrouve un casting exceptionnel d’instrumentistes cubains. Enregistré dans les mythiques studios Egrem à La Havane, “16 Rayos” explore une vaste palette rythmique et offre une plongée dans le riche répertoire stylistique de l’île, tout en bousculant les conventions du mambo, injectant des ingrédients traditionnels et spirituels dans une musique résolument populaire.

Lorsque Orquesta Akokán a fait son apparition sur la scène mondiale, il y a tout juste trois ans, sa vision irrésistible du vénérable mambo a remis un indéniable coup de projecteur sur la richesse de la musique cubaine. Le chanteur cubain basé à New-York José ‘Pepito’ Gómez, le producteur et multi-instrumentiste new-yorkais Jacob Plasse (Chulo Records), et l'arrangeur Michael Eckroth (originaire de Phoenix dans l’Arizona) ont uni leurs forces et leurs talents pour créer un groupe composé de musiciens soigneusement choisis parmi les meilleurs de La Havane. Ensemble, ils contribuent à redonner un éclat resplendissant au mambo, tout en l’ancrant dans notre époque. Orquesta Akokán a insufflé aux célèbres rythmes cubains une vitalité nouvelle, et ce avec respect et sincérité, comme en témoigne le nom du groupe, “akokán” signifiant “du fond du coeur” en langue yoruba.

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Premier album en espagnol pour Daptone Records, et l’un des rares projets enregistré en dehors des murs de sa House of Soul, le disque éponyme d’Orquesta Akokán sorti en 2018 a rapidement convaincu un public très éclectique, aboutissant à une tournée conséquente du groupe à travers le monde, avec notamment un concert à guichets fermés au Lincoln Center de New York ou encore une venue en France remarquée (Nice Jazz Festival, Fiest’A Sète, Les Nuits de Fourvière, etc.). Après sa tournée internationale en 2019, Orquesta Akokán a été nommé pour toute une série de prix prestigieux : Grammys, Billboard Latin Music Awards, Telemundo Latin American Music Awards, sans compter une reconnaissance majeure de la part de la critique, dans le monde entier.

Orquesta Akokán revient aujourd’hui avec “16 Rayos”, un disque enregistré dans les célèbres studios Egrem de La Havane, composé de 10 chansons originales illustrant toute la magie et la créativité de ce combo unique. Après avoir travaillé avec Compay Segundo du Buena Vista Social Club et Pupy y Los Que Son, Son, le chanteur et compositeur José ‘Pepito’ Gómez s’accomplit désormais en tant que leader vocal de l’Orquesta. C’est en 2008, lorsqu'il s’installe à New York, qu’il rencontre alors les acteurs de la scène latine américaine que sont Jacob Plasse et Mike Eckroth. Jacob Plasse a fondé Chulo Records (il a notamment produit et sorti l’album de Flor de Toloache, gratifié d’un Grammy), et c’est en jouant avec son groupe Los Hacheros qu’il fait la connaissance de Pepito. De son côté, Mike Eckroth est un éminent pianiste, un compositeur et arrangeur ayant une profonde connaissance de la musique cubaine, fort d’un doctorat sur le sujet et d’expériences de travail avec des grands noms de la musique latine tels qu’Andy González et Pedrito Martinez.

L’orchestre est également fier de présenter quelques-uns des instrumentistes cubains les plus talentueux, issus de groupes mythiques tels que Los Van Van, NG La Banda, Irakere (on retrouve César López, devenu un musicien pilier d’Orquesta Akokán et basé à La Havane). Les musiciens présents sur “16 Rayos” mettent en lumière le trésor historique que sont les grandes familles musicales de Cuba. La participation aux percussions de deux membres de la légendaire famille Vizcaíno, Roberto ‘Tato’ Vizcaíno Jr. et son père Roberto Vizcaíno Guillót, musicien du mythique quatuor de Chucho Valdés dans les années 1990, témoigne de cet héritage multigénérationnel. Un autre duo familial s’invite sur l'enregistrement, le trompettiste Reinaldo ‘Molote’ Melián et son fils Reinaldo Melián Zamora, accompagnant sur plusieurs des titres le trompettiste principal Harold Madrigal Frías. La section des instruments à vent et celle des cuivres sont composées du jeune maestro Jamil Shery et Germán Velazco (directeur musical de Pablo Milanés) au saxophone ténor, Evaristo Denis au saxophone baryton et César López à l'alto. Au trombone, on retrouve Yoandy Argudin et Heikel Fabián Trimiño. Les chœurs sont assurés par les magnifiques voix d'Eddie Venegas et Luis Soto. Pour la première fois, le supergroupe ajoute des cordes à l'ensemble, avec la participation des violonistes Amelia Febles Díaz, Jenny Peña et Anabel Estévez Acosta, dont la virtuosité est née grâce à une formation classique reçue sur l’île et pour laquelle Cuba est réputée. La puissance et la grâce de la voix de Pedro ‘Tata’ Francisco Almeida Barriel sur 4 de Octubre et Llegue con mi Rumba rappellent qu’il n’est pas considéré comme l'un des principaux représentants de la rumba cubaine par hasard. Une autre légende vient faire son apparition, sur la chanson-titre de l’album : la chanteuse et guarachera (rumba de tempo rapide) Xiomara Valdés, qui a partagé la scène avec des piliers de la musique cubaine tels que Beny Moré et Omara Portuondo, et a reçu la Distinción por la Cultura Nacional de Cuba de la part du ministère de la culture, pour l’ensemble de sa carrière et son importante contribution à l'héritage musical de Cuba.

Pour enregistrer “16 Rayos”, les membres d’Orquesta Akokán se sont retrouvés à La Havane, avec l’intention de ne pas simplement reproduire les formules gagnantes du premier album. Après un cycle intense de concerts et de tournées aux quatre coins du monde, cette conversation qui avait commencé trois ans plus tôt dans les studios Areito a mûri et s'est transformée en un dialogue fluide et intime entre de bons amis. Dans les studios Egrem, les musiciens ont pris le risque de s’exprimer au-delà de leur zone de confort musicale, offrant une expression pleine, palpable sur l’enregistrement.

Guidé par un sentiment de possibilités illimitées, l'ensemble américano-cubain continue d'explorer la riche palette de rythme et de répertoire de l'île, repoussant les limites des conventions musicales et puisant dans des traditions folkloriques et religieuses qui ne se reflètent habituellement pas aussi fidèlement dans la musique populaire. La profonde spiritualité des musiciens cubains, ainsi que leur connaissance des musiques traditionnelles, viennent s’agréger à la sensibilité moderne du groupe, ce qui permet à l'album de rester fidèle à l'esprit des origines tout en nous emmenant vers des horizons inexplorés jusque-là.

S'appuyant sur la vision quasi avant-gardiste du mambo de Pérez Prado, tout en mettant l'accent sur la sémantique lucumí (reliquat créolisé de la langue yoruba présent à Cuba) des rythmes et des styles cubains, 16 Rayos provoque une extase spirituelle et séculière à la fois. L’album fait écho à l'histoire des 16 rayons du soleil, un cadeau d'Olofi (l'une des manifestations suprêmes de la divinité dans la religion yoruba) à Obàtálá (père du ciel et créateur des corps humains) afin qu'il puisse prendre soin des enfants de la Terre : “16 Rayos” débarque pour nous illuminer, réchauffer nos cœurs et faire vibrer irrésistiblement nos corps.
(extrait du communiqué de presse)