Jazz Bonus : Natacha Atlas - Myriad Road

En avant-première, « Myriad Road » de Natacha Atlas qui paraît le 23 octobre prochain chez Mi’ster Prod / Decca.

Jazz Bonus : Natacha Atlas - Myriad Road
Natacha Atlas et Ibrahim Maalouf ©Denis Rouvre

Découverte par le grand public lors sa consécration aux Victoires de la Musique en tant qu’interprète féminine de l’année 2000, Natacha Atlas est une artiste qu’on n’a jamais cherché à comprendre.

Labélisée « chanteuse orientale » dés le début des années 90 lorsqu’elle officiait dans les clubs londoniens au sein de l’électro multiculturelle du mythique "Transglobal underground " dont elle fût la voix de 1991 à 1998, Natacha Atlas fait de son mieux pour ne pas décevoir son public qui l’aime dans ce rôle.

Sauf que d’année en année, malgré des tournées extraordinaires, notamment en première partie de Led Zeppelin, Natacha ne se reconnaît plus. Elle se laisse piéger par ce qui fit son succès et c’est le 3 Novembre 2001 à l’Olympia qu’elle explosera en plein vol, n’assumant plus ce statut foncièrement communautaire qui l’enferme et qui ne lui va plus.

15 ans plus tard, malgré le traumatisme et la peur, sa voix n’a pas pris une ride. Plus posée, plus mûre, plus sereine, mais aussi moins confiante car les erreurs du passé la hantent, Natacha revient, de loin...

Après quelques tentatives, dont plusieurs albums restés confidentiels, une collaboration avec Angelin Prejlocaj et quelques featurings dont ceux avec Nithin Sawhney et Sinead O’Connor, elle croise la route du musicien, compositeur et producteur Ibrahim Maalouf.

« La première fois que j’ai croisé Natacha c’était à Istanbul, lors d’un concert du musicien oudiste Smadj qui nous avait invité à le rejoindre sur scène. Loin des clichés orientaux ou orientalistes, je rencontre une femme consciente du monde qui nous entoure, multiculturelle, ouverte à la fois aux cultures anglophones, francophones et arabes. Mais surtout je reconnais une voix unique. Peut-être la seule voix arabe d’occident et d’aujourd’hui qui peut encore se revendiquer authentique, à la fois contemporaine et moderne. »

C’est ainsi qu’Ibrahim décrit cette artiste à qui il propose de préparer le retour sur scène. Ils échangent beaucoup. Ils parlent du succès de la chanteuse, mais aussi de ses échecs. « Ces conversations nous amènent à évoquer cette peur de se montrer tel qu’on est en vrai, et de ce chemin, celui qu’il faut se trouver pour être serein et heureux. »

Quelques semaines plus tard, c’est non sans une légère intimidation que les deux artistes réunissent leurs idées en un subtil mélange de ces différences culturelles qui les uni et c’est ainsi qu’ils dessinent le retour sur scène d’une voix qui n’a plus peur de s’éloigner des clichés du chant arabe. Pour la première fois de toute sa carrière Natacha Atlas signe un album de jazz ou ses mélopées orientales s’épanouissent sans retenue.

« Un retour qui – selon Ibrahim Maalouf - risque de désorienter ceux qui voient encore en Natacha celle qui murmure "Mon amie la rose", se déhanchant dans l’une de ces robes multicolores à paillettes. Mais pour tous ceux qui n’ont pas de mal à imaginer un orient différent, plus en phase avec le monde d’aujourd’hui, cet album semblera tout à fait évident. »

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