Jazz Bonus : Naïssam Jalal - Om Al Aagayeb

Enregistré au Caire avec 13 musiciens Égyptiens, ce 7eme opus de Naïssam Jalal est une déambulation dans l’Égypte musicale d’hier et d’aujourd’hui, un récit personnel et introspectif, un petit bijou de vie et de poésie.

Jazz Bonus :  Naïssam Jalal - Om Al Aagayeb
Naïssam Jalal, © Milad Hosny

L”Egypte est Om al donia, la mère du monde. Elle est aussi d’après l’expression de Sayed Darwish, Om al Aaagayzb, la mère des merveilles. Aagayeb signifie merveilles, prodiges mais aussi étrangeté, bizarreries. Mère des merveilles et des invraisemblances, mère paradoxale de dignité et d’humiliations, terres brûlantes comme l’amour qu’on lui porte et libre comme le rire de ceux qu’elle porte. Mère tendre et brutale, qui affame et blesse, accueille et oppresse un peuple marchant sur le fil de l’hésitation, entre la réalité brute et des rêves pleins de représentations, comme un drame qui devient vie, comme les larmes endormies, au creux du  coeur, dans l’attente de jours meilleurs. Et pourtant, son histoire poursuit son cours. Comme le Nil inlassablement, depuis la nuit des temps.

Après avoir étudié le nay ( flûte de roseau) au Grand Institut de musique arabe de Damas., Naïssam Jalal a vécu au Caire de 19 à 22 ans, dans une quête identitaire. Un séjour riche d'enseignements, de partages magnifiques et aussi de grandes souffrances. "J’y ai rencontré la violence, la haine, la joie, l’amour, la foi et le rire légendaire de son peuple blessé" dit-elle. 

Elle a étudié auprès du violoniste Abdo Dagher, une des plus grandes figures de la musique classique qui a influencé plusieurs générations d'artistes. Il a joué aux côtés d’Oum Kalthoum, Mohamed Abd Al WahabIl et tant d'autres et ouvrait gracieusement sa porte pour des séances de musique qu'elle n'oubliera jamais. L’album est parti d’une composition qu'elle a écrite pour celui qu'elle considère comme un très grand Monsieur, en souvenir de son enseignement inestimable. Lorsqu'elle le revoit à Paris en 2016, elle est bouleversée. Les joies et les peines du passé accaparent son esprit. C'est alors qu'elle décide de retourner au Caire pour faire face à ses fantômes. "Ce disque est un travail d’exorcisme" confie la flûtiste.
(extrait du communiqué de presse)

Om Al Aagayeb est sorti le 6 décembre chez Les Couleurs du son / L’Autre distribution.

Abdo Dagher (violon)
Hazem Shaheen (oud)
Om Sameh (voix)
Adel Mikha (voix, daf)
Cheikh Mohamed Mohammadi (voix)
Fady Badr (claviers)
Wael Al Sayed (accordéon)
Shadi Al Jundi (qanun)
Mohamed Salah (violoncelle)
Mohamed Sami (violon)
Ahmed Amin (contrebasse)
Hany Bdeir (daf, req)
Mohamed Zatona (daf)
Naïssam Jalal (flûte, nay, voix, composition)