Jazz Bonus : Michael Wolff - Swirl

Avec “Swirl” paru tout récemment chez Sunnyside, le pianiste Michael Wolff signe son retour à la vie et à la musique

Jazz Bonus : Michael Wolff - Swirl
Michael Wolff , © Chris Drukker

J’ai senti la vie tourbillonner autour de moi. J’étais guidé par cette phrase de Bill Evans qui disait “la vérité et la beauté sont les seules choses qui comptent”. A l’été 2015, après 4 ans de lutte acharnée contre un cancer éreintant, le pianiste et compositeur Michael Wolff est déclaré condamné. Il avait plongé dans le coma à l’hôpital de New York et ses chances de s’en sortir étaient passé de minces à nulles. Ses fils et sa femme se relayaient à son chevet, jouant de la guitare et chantant pour lui. Un jour, un docteur demande à sa femme, l’actrice Polly Draper, si elle accepte de signer un papier pour ne pas le réanimer. Wolff, bien que totalement groggy avec son traitement, s’y oppose fermement et s’insurge : “ Ressuscitez-moi !”…. “Je crois que ça n’était tout simplement pas le moment pour moi”, explique-t-il aujourd’hui dans un éclat de rire.

En effet, Wolff avait encore une vie devant lui et de la musique à proposer, comme ce Swirl, un nouvel album en trio réunissant le contrebassiste Ben Allison et le batteur Allan Mednard, un disque enregistré en live dans le Showroom Yamaha à Manhattan devant un petit groupe d’invités.

Aujourd’hui âgé de 66 ans et totalement remis, Wolff a vu évoluer sa perspective artistique de manière radicale, ce qui arrive à tous ceux qui, comme il le dit “ont été au bord du précipice. Aujourd’hui, conclue-t-il, je savoure chaque jour, chaque minute, chaque personne que j’aime et chaque note que je peux jouer ou entendre.” Produit par Michael Wolff et John Newcott, “Swirl” est le témoignage du goût retrouvé de Michael pour les joies simples de la vie “Mes priorités ont en grande partie changé, je veux toujours que ma musique soit excitante, mais je veux aussi vraiment que tout soit beau

La beauté de sa musique, Wolff la doit à son écriture inventive et son art de l’arrangement. Mais pas seulement : il la doit également aux rapports qu’entretiennent les trois membres du trio, ensemble, ils échangent de manière fluide tout en prenant des risques. “J’aime jouer avec des gens que j’aime, c’est vraiment important pour moi. Il faut qu’il y ait une vibe entre nous. Quand ça matche entre les musiciens, le rôle de leader n’exige plus le moindre effort. Constituer un groupe, c’est comme faire un casting pour un film : si on déniche les bonnes personnes on a pas besoin de tout expliquer, le travail sera tout naturellement fait.

Michael Wolff (piano)
Ben Allison (contrebasse)
Allan Mednard (batterie)