Jazz Bonus : Marilyn Mazur Future Song - Live Reflections

“Live Reflections” de Marilyn Mazur qui paraît chez Stunt/UVM, présente son groupe, Future Song, lors de concerts enregistrés en 2015. Avec deux documents inédits de 1990 et 2008.

Jazz Bonus : Marilyn Mazur Future Song - Live Reflections
Marilyn Mazur, © Per Morten Abrahamsen

On connaît l’histoire : c’est après plusieurs tournées mondiales avec quelques uns des plus grands musiciens de jazz, incluant Gil Evans, Wayne Shorter, et même Miles Davis (1985), que la percussionniste et batteuse danoise Marilyn Mazur finit par quitter tous ces projets pour réaliser le sien en 1989. C’est à ce moment là qu’elle quitte les Etats-Unis pour revenir au Danemark, son pays natal, pour y créer son propre groupe :  Marilyn Mazur’s Future Song. 

”J’ai tourné avec des grands noms pendant 3 ou 4 ans et c’était à la fois fantastique et très formateur”, raconte la batteuse percussionniste, compositrice et leader (de 65 ans). ”Mais j’ai eu du mal avec l’alchimie de ces groupes. Cette musique, pour moi, n’allait pas assez loin. Je voulais créer un groupe où les membres communiquent de manière plus intime, presque en télépathie; un groupe qui donne à chacun de l’espace pour s’épanouir et s’exprimer dans son langage. ”

Ce groupe Future Song, composé de musiciens scandinaves aux idées similaires, a eu un vrai succès et il a bien tourné, notamment en Europe, à ses débuts.  Mais il a fonctionné dans des conditions souvent difficiles, ses membres étant dispersés entre le Danemark, la Norvège et la Suède et n’ayant pas la même implication et la même disponibilité à y consacrer - car par ailleurs chacun des musiciens jouait dans d’autre groupes. Marilyn Mazur avait elle-même aussi accepté d’entrer dans le groupe de Jan Garbarek à partir de 1991. Différents visages et voix se sont alors succédés au sein du Future Song. Les conditions économiques du secteur ont fait que les organisateurs ont hésité à les programmer. Le groupe s’est  alors officiellement dissous en 2009.

Il y a quelques années, Marilyn Mazur, interrogée sur ses différents albums pour une interview de All About Jazz, a pointé du doigt la musique qu'elle avait écrite pour Future Song. En janvier 2015, pour son soixantième anniversaire, son souhait le plus cher était alors de réunir le groupe avec certains des musiciens d’origine. Ce qu’elle a réussi à faire. Ces retrouvailles ont été enregistrées lors d’un concert à Bodø en Norvège et au Jazzhouse de Copenhague au Danemark.

Marilyn Mazur est née à New York en 1955, d'une mère d'origine polonaise et d'un père afro-américain. La famille a déménagé au Danemark lorsque Marilyn avait six ans, et c'est là qu’elle a développé des talents évidents et indéniables pour l'écriture, le chant, la danse et la musique. Elle a appris le piano classique puis s’est tournée vers les percussions. Bien qu’elle ait étudié au Royal Danish Music Conservatory, elle est en grande partie autodidacte et elle s’est affirmée comme une percussionniste et une artiste emblématique sur la scène internationale.

Souvent récompensée sous la forme de prix honorifiques nationaux et internationaux, l'État danois lui a également rendu hommage pour l'ensemble de ses efforts artistiques.

Marilyn Mazur a formé son premier groupe en 1973. L’éducation classique lui a donné un certain lest théorique, créant une structure sans la restreindre dans sa création. Sa volonté de vivre et d’exprimer des émotions par la musique est toujours un élément essentiel.

Pour se faire, elle utilise une gamme impressionnante de percussions qu’elle collectionne aussi. Dans sa salle de répétition (sa ”grange”), on peut trouver une myriade de gongs, batteries, marimbas, balafons, de tambours, de cymbales et de cloches. Beaucoup de cloches d’ailleurs - autour d’un millier !

À propos de “Live Reflections”, Marilyn Mazur dit : « Il a mis longtemps à venir, mais c'est bien de finalement pouvoir enfin le publier. Ce ne sont pas des enregistrements en studio, c'est de la musique live. Le mixage (sauf pour le titre 6/ Reflections) est réalisé par le Norvégien Audun Kleive, qui fait partie du groupe depuis le début. On peut percevoir qu'il est batteur. Il ne cherche pas à faire un son jazzy, il cherche à obtenir un son brut et sauvage. C'est le rythme, le groove et l'interaction qui sont mis en avant. Les différentes couches se distinguent clairement et le paysage sonore est un peu différent des autres albums mais c'est toujours le groupe Future Song. L’objectif était de créer une sorte de symbiose musicale où les musiciens improvisent en groupe et où, on pourrait dire qu’il se déplacent comme dans un labyrinthe.  Ce n’est pas du tout une succession de solos sur un accompagnement ”.
(extrait du communiqué de presse)