Jazz Bonus : les 40 ans du label HatHut

Les 40 ans du label HatHut. Chapeau !

Jazz Bonus : les 40 ans du label HatHut
Logo HatHut

Au départ, en 1975, Werner X. Uehlinger fonde HatHutRecords simplement pour documenter le travail d'un musicien qu'il vient de rencontrer et qui le bouleverse : le saxophoniste et trompettiste américain Joe McPhee. Aujourd'hui, 40 ans et plus de 500 LP et CD après, HatHut se positionne comme l'un des plus aventureux et important label de musique indépendant dans le monde. Il a évolué d'une aventure auto-produite à une entreprise unanimement respectée, démarrant par le pressage de vinyles noirs en série limitée pour arriver à des collections de beaux CD présentés de manière écologiquement responsable.

Dès l'origine, le label a fait part d'une exigence artistique remarquable pour la conception graphique, l'art du visuel et les notes de pochette, s'efforçant de créer non seulement un artefact musical, mais une œuvre aux multiples facettes artistiques à chaque nouvelle version. Reflétant la pointe avancée du jazz américain et européen, les albums 30cm des dix premières années étaient aussi bien à écouter qu'à toucher et à contempler : souvent des doubles albums, avec des pochettes en carton épais reprenant de superbes illustrations colorées comme détachées d'un carnet de dessin à spirales créés par Klaus Baumgärtner. Une époque marquée par l'effervescence créative et pluridisciplinaire.

Avec l'avènement du CD, et malgrè la nécessaire réduction des coûts de fabrication, la notion de collection et de cohérence graphique est restée intimement liée à l'identité de HatHut, devenu hatART, puis aujourd'hui hatOLOGY. En plus de celle consacrée au jazz, une autre collection est dédiée à la musique contemporaine (hat[now]ART). Sur le site du label, son fondateur revient sur la fragilité économique d'une telle entreprise et les soutiens privés dont il continue de bénéficier.

À côté du coup de foudre initial pour Joe McPhee, Werner X. Uehlinger a documenté de grandes œuvres de musiciens majeurs comme Steve Lacy, Anthony Braxton ou Cecil Taylor, séduits par la totale liberté artistique qui leur était octroyée. C'est aussi dans ce catalogue que l'on trouve quelques pièces maitresses de ceux qui étaient alors des découvertes : le Vienna Art Orchestra, le quartet Big Four de Max Nagl, le trio Zorn-Lewis-Frisell, le saxophoniste Ellery Eskelin, le trompettiste autrichien Franz Koglmann, le trio néerlandais Clusone 3… ou encore Marc Copland et la ressortie de l'oubli du saxophoniste Anthony Ortega.

Pour célébrer ces 40 ans, les cinq coups de cœur d'Open Jazz :

  • Max Roach & Anthony Braxton « One in Two, Two in One » (1979)
  • Vienna Art Orchestra « From No Time To Rag Time » (1982)
  • John Zorn, George Lewis, Bill Frisell « News For Lulu » (1987)
  • Max Nagl, Steven Bernstein, Noël Akchoté, Brad Jones « Big Four » (2001)
  • Clusone 3 « Rara Avis » (1997)

aucun

Ailleurs sur le web

Sur le même thème

Mots clés :