Jazz Bonus : Harold Mabern - Mabern Plays Mabern

La sortie de l’ultime album du légendaire pianiste jazz Harold Mabern, “Mabern Plays Mabern” chez Smoke Sessions/UVM, est la source d'un mélange d’admiration et de tristesse.

Jazz Bonus : Harold Mabern - Mabern Plays Mabern
Harold Mabern, © Getty / Jack Vartoogian

Admiration, parce que le 27ème enregistrement de Harold Mabern en tant que leader, est issu de ces mêmes trois nuits de janvier 2018 qui avaient généré le précédent, "The Iron Man" : Live At Smoke", documentant le maître pianiste, alors âgé de 81 ans, en pleine forme, soliste inspiré, accompagnateur attentif, interprète mélodique et habile compositeur. Chagrin car la sortie est posthume - Harold Mabern est mort le 17 septembre 2019, à l'âge de 83 ans.

Pour cet engagement Harold Mabern avait convoqué ses compagnons de longue date, Eric Alexander au saxophone ténor, John Webber à la basse et Joe Farnsworth à la batterie, auxquels se sont joints les artistes Steve Davis au trombone et Vincent Herring au saxophone alto. Tous sont à la hauteur de l'événement avec un répertoire qui couvre 51 ans de la carrière de Harold Mabern.

Toutes ces qualités sont relevées dans un hommage affectueux rendu au pianiste par Charles Lloyd, son copain du lycée Manassas à Memphis, Tennessee, à l'aube des années 1950. Charles Lloyd écrit : "Harold était un érudit de notre histoire, perspicace, drôle, sincère, profond, avec une énergie intense et irrésistiblement chaleureux. Avant qu'on ne l'appelle Leading Man, son surnom était Big Hands. Avec le large ambitus de ces mains, il caressait des accords magnifiques. C'était un conteur et chaque note qu'il jouait portait un message".

Un autre camarade de classe de Manassas, le saxophoniste ténor George Coleman, a exprimé des sentiments similaires à ceux du New York Times après la mort de Harold Mabern : "Harold était un musicien complet", observa George Coleman. "Il était toujours aventureux, et il se balançait toujours, pour le plus grand plaisir de la foule."

Cet enregistrement est spécial, comme en témoigne la réaction des spectateurs du Smoke. Eric Alexander commente : "Vous entendez des choses que Harold a écrites ou qu'il aimait jouer. C'est la façon dont Harold a cristallisé et affiné son approche personnelle, la façon dont il a présenté sa musique devant les gens, soir après soir, qui représente le Harold Mabern que nous avons adoré. Bien sûr, ses enregistrements en studio sont excellents, mais en concert, Harold a jeté la prudence au diable. Quand il jouait en concert, c'était magique".
(extrait du communiqué de presse en anglais - E. Lacaze / A. Dutilh)