Jazz Bonus : Émilie Calmé - Flûte poésie

Dans “Flûte poésie” de Emilie Calmé, qui paraît chez Continuo Jazz /UVM, chaque pièce raconte à la flûte une histoire à la frontière entre réel et imaginaire. Des poèmes sans mots dans lesquels nous dévoilons nos fragilités, nos histoires.

Jazz Bonus : Émilie Calmé - Flûte poésie
Emilie Calmé, © Christophe Maroye

La poésie rend chaque instant magique, elle colore le quotidien, laisse la parole à l’enfant qui est en nous…

Pourquoi des standards ?

Les ballades de Coltrane, les thèmes de Bird ou, de Bud Powell sont des morceaux que j’écoute depuis l’adolescence. Ils sont les racines du jazz, et portent son histoire. En rencontrant Laurent Maur il y a dix ans, nous avons pratiqué ce répertoire, d’abord dans la rue en duo flûte/harmonica, puis en Asie avec des musiciens locaux, en Corée, Chine, Taiwan et plus récemment à Paris en faisant la connaissance d’Alain Jean‐Marie et Gilles Naturel. Ce bagage commun aux musiciens de jazz nous offre la possibilité de jouer ensemble partout dans le monde.

Contrairement aux autres formations dont je fais partie et où nous composons le répertoire (Youpi 4tet, le spectacle Duologie, “Abandon à la Nuit” avec Alain Jean‐Marie & Morena Fattorini), dans “Flûte Poésie”, nous nous exprimons à travers le choix des morceaux, l’arrangement, l’interprétation et l’improvisation. S’approprier une oeuvre, en creuser les finesses, est une démarche artistique à part entière, qui demande rigueur et passion… Mon prochain album - en cours de réalisation - présentera mes compositions originales autour de la poésie brésilienne.

Pourquoi ces musiciens ?

Ce qui relie les quatre musiciens qui m’accompagnent, c’est leur amour pour la tradition du jazz, leur écoute, l’importance qu’ils attachent au son de leurs instruments, et aux silences dans la musique. En plus d’être un pianiste au son incomparable et une encyclopédie du jazz, Alain Jean‐Marie est quelqu’un de drôle, cultivé et humain. Il y a deux ans Alain et Morena m’ont invitée à intégrer leur projet “Abandon à la Nuit” et c’est au fil des concerts du trio que notre amitié est née. De par son expérience, Alain est de très bon conseil pour les choix de morceaux ou les arrangements. Son jeu épuré et clair ne laisse pas de place au bavardage, il joue ce qui est à propos et essentiel.

J’ai rencontré Gilles Naturel en Jam Session à mon arrivée à Paris. Ce musicien méticuleux, maitrise parfaitement son instrument et pratique ce répertoire depuis des décennies aux côtés des plus grands (Benny Golson, Lee Konitz, Tom Harrell, Kenny Werner...) Il a un son riche, juste avec un swing irréprochable et s’exprime avec autant d’aisance en classique qu’en jazz. Compagnon de route d’Alain, leur complicité apporte au groupe son assise. J’apprécie sa bienveillance et son investissement dans le projet, notamment dans le choix du répertoire en hommage aux flûtistes.

Le rôle du batteur dans cette formule est très délicat, car le faible volume sonore de la flûte (en particulier flûte alto et bansuri) nécessite une grande finesse pour le bon équilibre sonore d’ensemble. En entendant Lukmill Perez à plusieurs reprises en concert, j’ai beaucoup apprécié sa qualité d’écoute dans le jeu en groupe et lui ai proposé le projet. C’est quelqu’un de chaleureux, attaché au caractère magique et unique de l’instant musical.

Ma collaboration avec Laurent Maur dure depuis maintenant 10 ans. Nous partageons de nombreux projets musicaux dont Duologie et le Youpi 4tet (2eme album à venir). Il arrive que nos improvisations s’entremêlent comme par télépathie. Son phrasé est touchant et virtuose. Il chante comme une voix sans paroles au timbre velouté.

Flûtiste de jazz et compositrice née en juin 1985, originaire de Bordeaux, Emilie Calmé étudie la flûte, les percussions à l'âge de 8 ans en assistant son père musicien dans des ateliers jazz et musiques du monde. Adolescente, elle rencontre, le flûtiste cubain virtuose Orlando Maraca Valle, et prend la décision de vivre de la musique.

Emilie n'entre au conservatoire qu'à l'âge adulte et suit des études de musicologie à l'Université de Bordeaux. Elle est formée à la flûte classique & contemporaine par Samuel Coles, Jacques Libouban et Sylvain Millepieds, et obtient 5 ans plus tard le DEM en flûte traversière et en musique de chambre.

Elle participe en parallèle à de nombreux projets de jazz, de musiques actuelles et de musiques du monde; steel bands, Adji (Tournées France), United Fools (Tournées en Hongrie, Tchéquie, Turquie), Didier Ballan Jazz Ensemble (Album “Japam”), Wax Taylor Phono Vision Symphonic Orchestra (tournée en Colombie), l'Orchestre du dimanche avec Lee Konitz au festival Jazz at Caillou, etc..

En 2008, elle intègre la classe Jazz du conservatoire d’Agen afin d'approfondir ses connaissances harmoniques et obtient le DEM en Jazz et Musique d'ensemble. L'année qui suit, Emilie part étudier le bansuri à Bombay avec le flûtiste indien Hariprasaad Chaurasia. C'est une expérience riche qui l'influence fortement dans la composition. Entre 2010 et 2016, elle partage sa vie entre la France et l'Asie, avec l'harmoniciste Laurent Maur. Ensemble, ils se produisent à la Cité Interdite de Pékin, l'Opéra House de Oulan Bator, le Formetch Workshall de Seoul, remportant le 1er prix Concours International d'harmonica de

Taiwan. C’est la naissance de “Duologie" (programmation JMF saison 2018‐20).

À leur retour en France, ils créent le Youpi 4tet en compagnie du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. Le groupe réalise un premier EP de musique improvisée en 2016 et “L'île Nock”, premier album de musique originale en 2018; “No Man's Land”, 2eme album sortira fin 2019)

Désormais installée à Paris, Emilie joue en trio avec la chanteuse Morena Fattorini et le pianiste Alain Jean-Marie dans leur projet "Abandon à la nuit". Emilie Calmé intègre également la Bill Evans School. En 2018 elle enregistre l'album "Flûte Poésie" avec Alain Jean Marie, Gilles Naturel, Laurent Maur et Lukmil Perez.