Jazz Bonus : Doug Carn - Jazz Is Dead 005

Figure du label culte d’Oakland Black Jazz Records dans les années 70, l’organiste jazz/funk Doug Carn revient avec un nouvel album sur le label Jazz Is Dead.

Jazz Bonus : Doug Carn - Jazz Is Dead 005
Adrian Younge, Doug Carn et Ali Shaheed Muhammad Adrian Younge, Doug Carn et Ali Shaheed Muhammad, © Artform Studio

Parmi les héros du jazz-funk des années 70, Doug Carn est un artiste à part. Chéris par les connaisseurs, ses albums ont influencé toute une génération de musiciens sans pour autant l’inscrire au rang des légendes populaires du jazz, faisant de lui l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire de la musique afro-américaine. Aujourd’hui, le pianiste, organiste et multi-instrumentiste fait son grand retour discographique avec un nouvel album studio qui s’inscrit dans la déjà prestigieuse série Jazz Is Dead, aboutissement des productions ambitieuses du tandem Adrian Younge / Ali Shaheed Muhammad.

Ce cinquième volume de la collection Jazz Is Dead agrège l’esthétique spiritual de Carn - dont on retrouve les repères les plus significatifs sur ses classiques Infant Eyes en 1971 et Adam’s Apple en 1974 - au cocktail unique cultivé par les désormais inséparables Younge et Muhammad : une fusion instrumentale mêlant jazz cinématographique, soul orchestrale aux influences 70s et hip hop sombre.

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Originaire de Saint Augustine en Floride, Doug Carn débute sa carrière à la fin des années 60 et devient rapidement l’une des références du mythique label Black Jazz. Il participe à l’âge d’or du label avec quatre albums sortis entre 1971 et 1975, des oeuvres considérées comme emblématiques de la prise de conscience afrocentriste aux Etats-Unis, portées par une liberté artistique et un élan novateur qui font du label fondé par Gene Russell l’alternative la plus marquante au jazz traditionnel de l’époque.

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Plus grand succès de l’écurie Black Jazz, Doug Carn doit en partie cette réussite à sa collaboration avec son épouse de l'époque, la chanteuse R&B Jean Carn, dont la gamme vocale de cinq octaves a permis des interprétations mémorables de classiques tels que “Peace” (Horace Silver), “Little B's Poem” (Bobby Hutcherson), "Blue And Green" (Miles Davis) ou encore la composition de Doug, "Power And Glory". Après cette période sacrée, Doug et Jean ont pris des chemins distincts : Jean devient une star du R&B avec des albums et des singles à succès chez Philadelphia International Records tandis que Doug se voit considéré comme une icône créative de la scène spiritual jazz. Heureusement, au cours de la dernière décennie, les orbites de Doug et Jean se croisent à nouveau, pour leur plus grand plaisir de rejouer ensemble.

J'avais tout juste un an lorsque Doug Carn a sorti Infant Eyes. Pour moi, l'album est une expérience pleine de chaleur, d'espoir, de grâce, véhiculant un sentiment de fierté, autour de textures innovantes”, juge Shaheed Muhammad. “Si vous avez grandi dans les années 70, vous connaissez l’importance de son art”.

Un morceau comme "Desert Rain", premier single du projet, évoque sans effort des images cinématographiques et nous plonge aussi bien au milieu d’une plaine désertique qu’au coin d’une ruelle sombre. Un motif de basse répétitif accompagne l'orgue singulier de Carn autour d’un thème lyrique élégant qui n’est pas sans rappeler une session loft jazz entre musiciens afro-américains dans le New York du milieu des années 70. L'orgue et les cors interagissent habilement et dansent les uns autour des autres harmonieusement.

Le deuxième single, "Lions Walk", offre un tempo et un groove rappelant le meilleur de l'ère jazz-funk de Prestige Records, tel le concentré exquis d’une jam session de plus de dix minutes. Le résultat illustre merveilleusement bien la manière dont Adrian et Ali abordent les collaborations sur Jazz Is Dead : à l’écoute de leurs invités, ils parviennent à fournir un terrain de jeu qui laisse libre cours à la créativité et aux particularités de l’artiste mis en lumière, en injectant des idées qui viennent à la fois célébrer l’héritage tout en explorant des horizons modernes.

À propos de l’héritage de Carn et de cette opportunité de collaboration sur Jazz Is Dead, Adrian Younge nous rappelle : “Doug Carn demeure l’un des plus grands organistes de jazz de tous les temps. Ce disque célèbre son influence, les vibrations funk qu’il a insufflées à cette musique.”
(extrait du communiqué de presse)