Jazz Bonus : Domi Emorine, Marcel Loeffler

Parution de « Domi Emorine, Marcel Loeffler » chez Gadji.

Jazz Bonus : Domi Emorine, Marcel Loeffler
Domi Emorine, Marcel Loeffler ©domiemorine-marcelloeffler.com

Domi Emorine et Marcel Loeffler, duo d'accordéons … et générique d'Open Jazz au passage.

Connaissant Domi Emorine depuis une dizaine d’années et appréciant sa musicalité et sa sensibilité, Marcel Loeffler s’était toujours dit qu’il devrait monter un projet à deux accordéons avec elle. Grâce à Stéphanie Simon, facteur des accordéons Gadji sur lesquels joue Marcel, cette idée se concrétise aujourd’hui. En effet, organisant en juin dernier une porte ouverte dans son atelier, Stéphanie a demandé à Marcel de se produire en duo avec Domi, invitant également le duo Azzola-Bossati. Une formidable soirée aux dires de Marcel, à l’issue de laquelle l’enregistrement d’un disque avec Domi est apparu comme l’évidence même.

Intoxiquée très tôt par l’accordéon, Domi Emorine a débuté très jeune dans la variété, remportant moult prix, médailles et concours dont l’intitulé (coupe du monde de l’accordéon) relevait souvent plus de la compétition sportive que de la musique. Après s’être attaquée au classique en 1999, elle se partage aujourd’hui entre Paris-Moscou, duo formé en 2002 avec l’accordéoniste russe Roman Jbanov et La Milca, groupe rock qu’elle a rejoint en 2007, deux formations aux antipodes au sein desquelles elle se fait avant tout plaisir avec des gens qu’elle aime. Le présent enregistrement va en étonner quelques-uns ; Domi y dévoile de réelles qualités dans le domaine du swing et de l’improvisation.

On ne présente plus Marcel Loeffler ; apprécié des plus grands, il a joué avec tous les musiciens tsiganes de sa génération et enregistré une bonne dizaine de disques de haut niveau ; c’est aussi un excellent compositeur (cf Amour secret, formidable composition qui figure sur son dernier disque et ouvre celui-ci, Conférence, valse enregistrée naguère par Note Manouche, le groupe qu’il avait formé avec le guitariste Mandino Reinhardt, ou encore Espérance, valse inédite composée en 2010).

Les duos d’accordéon ne sont pas légion ; on peut citer Gus Viseur et Tony Muréna au sein de l’Accordéon’s club (quelques 78 tours à la fin des années 40), le trio Bolovaris avec Francis Varis et Jacques Bolognési dans les années 90/2000 ou plus près de nous les récents disques de Daniel Colin, l’un avec l’accordéoniste japonais Tetsuya Kuwayama, l’autre avec l’argentin Raul Barboza, sans oublier, bien sûr, le duo de Domi Emorine avec Roman Jbanov. L’exercice n’est en effet pas évident ; il ne faut pas se marcher dessus et les deux accordéons doivent constamment être audibles ; le pari est ici parfaitement réussi.

Francis Couvreux, chroniqueur pour Accordéon&accordéonistes