Jazz Bonus : Azymuth, Ali Shaheed Muhammad, Adrian Younge - "Jazz is Dead 4"

Poursuite de la série de sessions “Jazz Is Dead” d'Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad : pour cette 4ème sortie, le duo s'associe cette fois au légendaire trio Azymuth pour une collaboration à cinq où le son jazz, funk et samba des Brésiliens rencontre la patte sonore du duo de Los Angeles.

Jazz Bonus : Azymuth, Ali Shaheed Muhammad, Adrian Younge -  "Jazz is Dead 4"
Azymuth, Ali Shaheed Muhammad, Adrian Younge, © The Artform Studio

Quatre ans après son dernier album en date, le trio instrumental Azymuth d'Ivan Conti est de retour avec une version modernisée de son jazz brésilien infusé d’électronique, d'arrangements anguleux et une ingénieuse synthèse de jazz, funk, rock et samba. Après le décès du clavier cofondateur du groupe José Roberto Bertrami en 2012, le bassiste Alex Malheiros et l'iconique batteur Ivan "Mamāo" Conti se sont affairés à recruter le samouraï des synthés Kiko Continentinho pour poursuivre l'évolution de leur son, aujourd'hui dans sa cinquième décennie de révolution permanente de cette samba qu'ils aiment par-dessus tout.

Entre 1969 et 1973, ces musiciens tous nés en 1946 inaugurent leur collaboration en tant que groupe de session. Rapidement ils trouvent cette alchimie musicale qui leur est propre, infusée d'influences communes : depuis le jazz américain jusqu'à leur amour profond pour la musique brésilienne de tous horizons. En tant que musiciens de sessions, leur rigueur dans le jeu, leur funk subtil et leur maîtrise de la mélodie ont permis de porter au rang de classiques certains disques sur lesquels on les retrouve, notamment Sonhos E Memórias 1941-1972 de Erasmo Carlos (1972) ou aux côtés de Marcos Valle pour l'un de ses albums les plus aboutis, Previsão Do Tempo (1973).

Après quelques morceaux placés au sein de bande-originales de telenovelas populaires, Azymuth enregistre son premier album éponyme en 1975, suivi en 1977 d’Águia Não Come Mosca. Cette même année, Azymuth fait ses débuts internationaux sur la scène du 11ème Festival de Montreux, aboutissant à une signature avec le label Milestone pour un run de 10 albums puis en tant que backing band pour le chanteur de jazz "brésilophile" Mark Murphy.

Bien qu'ils enregistrent essentiellement en tant que trio, les musiciens continuent d'évoluer individuellement, peaufinant leur savoir-faire au service des autres. Ils se retrouvent ainsi aux manettes de classiques de Musica Popular Brasileira depuis le début des années 70 jusqu'à la moitié de la décennie suivante : Jorge Ben, Tim Maia, Erasmo Carlos, Rita Lee, Hyldon, comme seule partie immergée de l'iceberg.

En tant que trio, Azymuth connaît son climax au début des années 80, se présentant comme de vrais pionniers d'une fusion jazz-rock-funk aventureuse et moderne, sans jamais perdre cette odeur de samba qui leur est propre. Au milieu des années 80, au moment où le trio semble avoir perdu de sa superbe, c'est par le soutien sans faille de DJs, musiciens et danseurs de la scène acid jazz londonienne qu'Azymuth trouve une nouvelle reconnaissance, ressuscitant de facto la carrière de musiciens brésiliens associés, Marcos Valle ou Joyce en tête. Par ailleurs, des producteurs et DJs aventureux MF Doom, Flying Lotus ou Roni Size, trouvent leur inspiration dans le son d'Azymuth et revisitent les classiques du trio à leur manière au cours des décennies suivantes. En 2008, Ivan Conti s'associe au mogul du hip hop underground de Los Angeles Madlib pour un album de l'éphémère duo Jackson Conti, Sujinho.

En 2016, Ivan Conti, Alex Malheiros et Kiko Continentinho publient sur le label londonien Far Out Fenix, démontrant à quel point le trio n'a rien perdu de son talent originel après la disparition du regretté José Roberto Bertrami. Cette année, à l'occasion de la sortie de leur collaboration avec le duo Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammed pour le compte du label Jazz Is Dead (dont le nom est joyeusement démenti par ses productions…), Azymuth dévoile de nouveau sa capacité à élever la musique du duo de producteurs tout en portant ce son distinctif, poursuivant sa redéfinition perpétuelle des frontières du jazz brésilien, du funk futuriste et de cette samba qu'Azymuth révère par-dessus tout.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)

Ivan “Mamao” Conti (batterie)
Alex Malheiros (basse électrique)
Lincoln Kiko Contentino (piano, Fender Rhodes, synthé monophonique, orgue Hammond B3)
Adrian Younge & Ali Shaheed Muhammad (guitares électriques, synthés monophoniques, Mellotron, Clavinet, orgue Hammond B3, marimba, saxophones, flûtes, percussions)
Jack Waterson (guitare rythmique (3))