Jazz Bonus : Andrew Cyrille - Lebroba

Le titre du nouvel album d’Andrew Cyrille, “Lebroba” qui paraît chez ECM, est la contraction des noms des lieux de naissance (Leland, Brooklyn et Baltimore) des trois têtes chercheuses parmi les plus créatives du jazz contemporain composant l’orchestre.

Jazz Bonus : Andrew Cyrille - Lebroba
Wadada Leo Smith, Bill Frisell, Andrew Cyrille, © Jess Chung/ECM

Chacun des musiciens de l’album “Lebroba” de Andrew Cyrille, a fait sa première apparition sur ECM il y a des années : le batteur Andrew Cyrille sur l’album de Marion Brown “Afternoon of a Georgia Faun” (1970) ; le trompettiste Wadada Leo Smith sur son propre disque, devenu un classique, “Divine Love” (1978) ; et le guitariste Bill Frisell sur l’album d’Eberhard Weber “Fluid Rustle” (1979). Tous trois sont des musiciens qui depuis ont influencé de manière durable les orientations du jazz contemporain. 

Leader généreux, Cyrille laisse ici beaucoup d’espace et de liberté à ses compagnons, et chacun des trois musiciens apporte ses compositions — Wadada notamment avec sa pièce “Turiya”, élégant hommage à Alice Coltrane. Dans ses propres pièces (parmi lesquelles celle donnant son titre à l’album et la composition finale “Pretty Beauty”), Andrew Cyrille ne met pas la batterie au centre du jeu, préférant se concentrer sur la mélodie et l’interaction collective, avec une attention toute particulière portée à l’accentuation et à l’espace. 

On trouve dans ce disque des références à la musique d’Afrique de l’Ouest et au blues ainsi qu’à l’histoire de la batterie jazz dans tous ses états, mais ce qui fait lien et s’impose comme la marque de fabrique de Cyrille tout du long, c’est ce style elliptique inimitable où le rythme est chaque fois plus suggéré que martelé.