Jazz Bonus : Adieu mes très belles - Poline Renou, Matthieu Donarier et Sylvain Lemêtre

“Adieu mes très belles” de Poline Renou, Matthieu Donarier et Sylvain Lemêtre qui paraît chez Yolk, donne à entendre une traversée des anciennes musiques vocales européennes, depuis les toutes premières monodies médiévales jusqu'aux polyphonies de la fin Renaissance, à l'orée de la musique baroque.

Jazz Bonus : Adieu mes très belles - Poline Renou, Matthieu Donarier et Sylvain Lemêtre
Sylvain Lemêtre, Poline Renou, Matthieu Donarier, © Bénédicte Mallier/Yolk Records

Depuis 2007, Poline Renou et Matthieu Donarier mêlent voix et clarinettes sous le nom de Kindergarten. Avec cette formation ultra-légère et inclassable, ils questionnent sans cesse la formule du duo, s’emparant de tous les outils possibles : composition, improvisation, lectures de textes, mise en espace sonore…

Pour cette nouvelle création, le duo Kindergarten devient trio et fait appel aux talents de Sylvain Lemêtre, percussionniste incontournable ne serait-ce qu'au vu de ses collaborations, toutes marquantes (Ensemble Cairn, Ars Nova, Marc Ducret, Garth Knox, Quatuor Bela, Jean-François Vrod, Albert Marcoeur, Surnatural Orchestra…).

A la fois chambristes et improvisateurs, Poline Renou, Matthieu Donarier et Sylvain Lemêtre relisent et transforment ici plain-chants, ballades, chansons, motets. Certaines pièces sont restituées au plus proche du texte original, d'autres font l'objet d'un arrangement en totale liberté.

Parmi les pièces de ce répertoire, on pourra entendre, émaillées d’improvisations et de compositions d’aujourd’hui, des extraits des manuscrits anonymes de Chypre ou d’Oxford (XI-XIIè s), des pièces de Solage, Matteo da Perugia, Gilles Binchois, Vicente Lusitano, Claude Lejeune, Michelangelo Rossi…

Face à cette musique hors-temps, se posent les questions : « Qu’est-ce qui est ancien ? Qu’est-ce qui est actuel ? ». Difficile à dire. Loin de vouloir définir ces codes, tous trois y répondent en enjambant prestement les barrières du temps et de l’époque, et revisitent cette poésie européenne comme on se promène dans un jardin intemporel.