Jazz Bonus : Abdullah Ibrahim

Parution de « Mukashi » d'Abdullah Ibrahim chez Intuition.

Jazz Bonus : Abdullah Ibrahim
Abdullah Ibrahim ©Georg Sedlmeir

Abdullah Ibrahim a eu 79 ans le 9 octobre 2013. Il va sans dire qu'une personne de cette âge a de l'expérience... Abdullah Ibrahim peut à juste titre dire qu'il n'a pas seulement connu l'histoire, mais y a aussi participé activement. Né en plein milieu de l'apartheid en Afrique du Sud en 1934 , il a commencé à jouer du piano dans son pays natal sous le nom de Dollar Brand. Son nom d'état-civil était Adolphe Johannes Brand. Il a quitté son pays en 1962 et Duke Ellington qui l'avait entendu en club, lui fit enregistrer un album à Paris deux jours plus tard et l'aida ensuite à s'installer aux Etats-Unis. Une carrière internationale a suivi, marquée par des allers-retours fréquents entre l'Afrique du Sud, l'Europe et New York.

Abdullah Ibrahim a créé son propre style, que Konrad Heidkamp (Die Zeit) a décrit une fois ainsi : "un magicien de la répétition ; un paysage entier se cache derrière chaque note." Cet enchantement s'épanouit dans chaque enregistrement, que ce soit comme soliste, en duo (l'album de 1978 avec Archie Shepp est aussi légendaire que celui avec Gato Barbieri dix ans plus tôt), avec son groupe Ekaya, avec son Big Band et même avec aun accompagnement orchestral.

Cependant, l'entendre en petite formation reste l'expérience la plus intense. Comme sur cet album « Mukashi », sur lequel l'homme - l'homme, qu'on peut légitimement appeler une légende - raconte l'histoire de sa vie seul, en duo et en trio. Le titre indique déjà ce savoir : Mukashi, en japonais signifie "Il était une fois ". Un autoportrait, un rien mélancolique, incluant la mort récente de son ex-épouse, la chanteuse Sathima Bea Benjamin, décédé pendant l'été 2013.

Abdullah Ibrahim (piano, flûte, voix)
Cleave Guyton (flûte, clarinette, saxophone)
Eugen Bazijan (violoncelle)
Scott Roller (violoncelle)

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