Jazz au Trésor : Yusef Lateef - The Three Faces of Lateef

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, Yusef Lateef en 1960 à l’occasion de la réédition de « Four Classic Albums » en un double CD.

Jazz au Trésor : Yusef Lateef - The Three Faces of Lateef
Yusef Lateef ©X/DR

Yusef Lateef était né William Emanuel Huddleston (et non pas William Evans, comme l’écrit le Dictionnaire du jazz), le 9 octobre 1920, dans le Tennessee. C’est en 1949 qu’il se convertit à l’Islam. Grandi à Detroit, il y côtoya très tôt Milt Jackson, Tommy Flanagan, Barry Harris, Paul Chambers, Donald Byrd, Hank, Thad et Elvin Jones, Curtis Fuller, Kenny Burrell, Lucky Thompson… Débuts professionnels à 18 ans au sax ténor, le big band de Dizzy Gillespie en 1949, c’est en 1950 qu’il commença à étudier la flûte et en 1958 le hautbois.

Dès lors, c’est en tant que multi-instrumentiste qu’il fera une carrière marquée également par une forte personnalité de compositeur. Sa discographie, riche d’une centaine d’albums, démarra en 1956 chez Savoy. Avid Jazz (distribué par Socadisc) vient de rééditer en un double CD quatre albums de ses premières années : « Sounds of Lateef » (1957, Prestige), « Lateef at Cranbrook » (1958, Argo), « The Three Faces of Yusef Lateef » (1960, Riverside) et « The Centaur and the Phoenix » (1960, Riverside).

Par la mise en avant de ses trois instruments privilégiés, par la présence également du violoncelle de Ron Carter, « The Three Faces of Yusef Lateef » constitue une sorte d’autoportrait de Yusef Lateef dans sa jeunesse. À ce moment là, il venait de terminer un engagement de plusieurs semaines dans la formation de Charles Mingus. Dans son texte de présentation, le producteur Orrin Keepnews fait remarquer qu’il s’agit d’une seule et même musique, mais que Yusef Lateef n’esquive pas les spécificités de chacun de ses instruments, au contraire, il en exploite les potentialités pour élargir la singularité de sa palette. Avec une constante, la force d’expression.

On y trouve aussi bien un thème de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, qu’un classique d’Ellington ou une composition du tout jeune Joe Zawinul, alors pianiste de Dinah Washington mais qu’il n’allait pas tarder à embaucher.

« The Three Faces of Yusef Lateef »
Yusef Lateef (sax ténor, hautbois, flûte)
Hugh Lawson (piano)
Ron Carter (violoncelle)
Herman Wright (contrebasse)
Lex Humphries (batterie)
Enregistré à New York le 9 mai 1960.