Jazz au Trésor : Wilbur Harden - The King And I

Au sein de la réédition de « Four Classic Albums » du pianiste Tommy Flanagan, cette curiosité où il est embauché par le trompettiste Wilbur Harden.

Jazz au Trésor : Wilbur Harden - The King And I
Photo - couverture Jazz au trésor The King and I

Ils sont tous deux originaires de Detroit : probablement la raison qui explique que le néophyte Wilbur Harden fasse appel à Tommy Flanagan pour cet album entièrement consacré au répertoire de la comédie musicale (et du film) du même nom composé par Richard Rodgers avec les paroles d’Oscar Hammerstein III.

George Duvivier (contrebasse) et Granville T. Hogan (batterie) viennent compléter le quartet. À noter que ce batteur n’est autre que le G.T. Hogan qui accompagnait Kenny Drew en 1957 dans le Jazz au trésor de la semaine passée et dont j’avais dit par erreur qu’il s’agissait de sa première séance d’enregistrement. En fait, sous le nom de Wilbert Hogan (son prénom complet est Wilbert Granville Thodore), il avait enregistré en 1955 avec Randy Weston pour l’album « Get Happy ».

En 1958, Tommy Flanagan, 28 ans, a déjà travaillé avec Sonny Rollins et flirte avec Coltrane avec lequel il enregistrera le fameux « Giant Steps » deux ans plus tard. Son premier album, en trio avec Wilbur Little et Elvin Jones vient tout juste de sortir. Wilbur Harden, lui, va collaborer avec ce même Coltrane, cette même année 1958 pour trois albums enregistrés coup sur coup, des classiques du hard bop où le saxophoniste reste encore « dans les clous ».

Auparavant, on avait découvert le trompettiste au côté de Yusef Lateef, sur le label Savoy. « The King And I » est son premier album en leader, publié lui aussi chez Savoy. Trois autres suivront, la même année, et sa dernière trace enregistrée sera sur un album de Curtis Fuller en 1960. Malade, Wilbur Harden se retirera de la scène pour disparaitre en 1969. Une de ces carrières fulgurantes – la sienne tient sur quatre années – qui transforment des musiciens mineurs en jazzmen cultes…