Jazz au Trésor : Stéphane Grappelli - May 17, 1957, NDR Studio

La renaissance de Stéphane Grappelli en 1957 dans les studios de la NDR à Hambourg.

Jazz au Trésor : Stéphane Grappelli - May 17, 1957, NDR Studio
Stéphane Grapelli - ©X/DR

Surprenant : entre la fin des années 40 et le milieu des années 60, on ne compte qu’une poignée d’enregistrements de Stéphane Grappelli en studio. Il s’est largement rattrapé jusqu’à sa mort en 1997 (et avait pris de l’avance avec le Quintet du Hot Club de France auparavant…). En 1957, le violoniste avait 49 ans. Une raison, technologique : au cours des années 50, la prise de son avait considérablement évolué et l’amplification des instruments également. Mais Grappelli peinait à trouver un système satisfaisant qui ne dénature pas le son de son violon.

Autre raison, esthétique cette fois, le jazz dans l’air du temps, le hard-bop, plongeait dans un univers de la culture populaire afro-américaine (gospel, soul) loin des références de Stéphane Grappelli. Et s’il est probable que la disparition de Django en 1953 avait agi comme une perte de repère, il faut se souvenir qu’après avoir côtoyé George Shearing lors de son exil londonien, découvrant ainsi un nouveau langage harmonique, Grappelli l’autodidacte dut travailler d’arrache-pied sa technique instrumentale pour s’adapter au bebop, en retenant toutes les leçons du bel canto des violonistes classiques.

Publiée chez Moosicus (distr. Naïve), cette session inédite d’Hambourg en 1957 est ainsi à appréhender comme le témoignage d’un nouveau départ : fidélité au répertoire swing des grands standards avec une technique instrumentale totalement épanouie, toute en grâce aérienne. À ses côtés, Grappelli avait emmené le pianiste Maurice Vander, de 20 ans son cadet, et trouvé sur place une paire rythmique impeccable. Sa devise éternelle est là on ne peut plus justifiée : « Le jazz c’est du pur feeling, c’est une question de cœur ; ce n’est que lorsqu’on a du feeling que la musique s’accomplit comme par enchantement. »

Stéphane Grappelli (violon)
Maurice Vander (piano)
Hans « James » Last (contrebasse)
Rolf Ahrens (batterie)
17 mai 1957, NDR Studio, Hambourg

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