Jazz au Trésor : Stan Getz - Swiss Radio Days 1960

Une incroyable nuit, captée par la radio suisse, le 8 avril 1960 à Zurich. Cette semaine, le concert de Stan Getz exhumé des archives par le label de Montreux TCB.

Jazz au Trésor : Stan Getz - Swiss Radio Days 1960
Photo - Stan Getz

Quel casting ! Pour la tournée européenne de ses fameux Jazz At The Philharmonic (JATP), en mars-avril 1960, Norman Granz fait se succéder chaque soir le trio d'Oscar Peterson, le quartet de Stan Getz et le quintet de Miles Davis… Série entamée à Paris le 21 mars et achevée à Stuttgart le 10 avril. Le seul concert suisse, entièrement capté par la radio publique, eut lieu le vendredi 8 avril à 20h30 au Kongresshaus de Zurich.

Depuis le début de l'année, Getz vivait en famille à Copenhague. Il se produisait fréquemment au Montmartre Jazz Club et avait même été embauché par la radio danoise. Un éloignement des États-Unis pour se libérer de sa toxicomanie. Lorsque Granz le contacta pour la tournée, il lui proposa de s'entourer du pianiste suédois Jan Johansson, du bassiste américain expatrié Daniel Jordan et du batteur danois William Schiøpffe. Mais après le premier concert parisien, une dispute éclata avec le bassiste et le batteur : ils furent immédiatement remplacés par ceux d'Oscar Peterson, Ray Brown et Ed Thigpen.

Pour le concert de Zurich, le saxophoniste choisit deux standards classiques (Gone With The Wind et Woody'n You ), deux ballades (Spring Can Really Hang You The Most et I Remember Clifford ) et deux morceaux plus rares, Pernod de Johnny Mandel, qu'il avait déjà enregistré en 1954 "At The Shrine" et Land's End de Harold Land. Stan Getz est en état de grâce : ce son unique, à la fois ouaté et incisif, la fluidité des phrases, imperceptiblement en arrière du temps sur les morceaux rapides, l'émotion au bord des lèvres sur les ballades. Sur I Remember Clifford, il parvient même à alterner une ouverture en requiem avec un chorus bop d'une tonicité qui eut ravi le dédicataire, Clifford Brown.

Cette tournée sonna comme un réveil pour Stan Getz : la proximité de Coltrane, qui lui succédait sur scène au côté de Miles Davis, lui signifia que s'il ne retournait pas à New York, le train du jazz passerait sans qu'il soit à bord… Début 1961, il était de retour aux États-Unis. La lame de fond de la bossa nova pouvait déferler, il serait à la crête de la vague.

Stan Getz (sax ténor)
Jan Johansson (piano)
Ray Brown (contrebasse)
Ed Thigpen (batterie)