Jazz au Trésor : Stan Getz, Gerry Mulligan - Getz Meets Mulligan in Hi-Fi

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, sorti des archives de la discothèque de Radio France, la rencontre de deux saxophonistes facétieux, le ténor Stan Getz et le baryton Gerry Mulligan, pour le label Verve. En 1957, ils avaient tout juste 30 ans.

Jazz au Trésor : Stan Getz, Gerry Mulligan - Getz Meets Mulligan in Hi-Fi
Stan Getz, Gerry Mulligan "Getz Meets Mulligan in Hi-Fi"

Une idée de Norman Granz, maître dans l’art de susciter des rencontres. On pense à la recette classique du all star. Vous prenez deux musiciens majeurs, vous convoquez une section rythmique haute-couture, vous les enfermez une journée en studio et quand vous rouvrez la porte un super disque est en boite ! Stan Getz s’était déjà prêté au jeu avec Gillespie, Lionel Hampton et Oscar Peterson, et surtout, la proximité du baryton lui convenait bien depuis ses exploits au sein des fameux Four Brothers (avec Serge Chaloff, Zoot Sims et Herbie Steward) dans l’orchestre de Woody Herman.

De son côté Gerry Mulligan venait d’enregistrer en quartet sans piano avec l’altiste Paul Desmond et juste avant avec Thelonious Monk en quartet. Et le 1er août, Granz avait déjà associé Getz et Mulligan au sein du septet intitulé « Jazz Giants ‘58 », avec Harry Edison, Herb Ellis et le trio d’Oscar Peterson. Quelle période faste… Alors, un simple rendez-vous de gentlemen élégants ? Pas vraiment. La surprise vient de l’échange totalement inattendu des deux saxophones. Dans l’édition vinyle de 1957, Mulligan est au ténor et Getz au baryton sur la face A, et ils inversent sur la face B.

Il faut se laisser prendre à leur jeu. Même si Stan Getz gagne en intensité émotionnelle quand il reprend le ténor, la manière dont Mulligan va souvent chercher le haut du registre du baryton pour le taquiner est un joli geste musical. Et quand ils échangent les rôles, on est frappé par la constance de leurs personnalités : l’autorité de Mulligan sur le ténor, face à la sensualité de Getz au baryton. Sacré jeu de rôles.

  • Let's Fall in Love 
  • Too Close For Comfort 
  • Anything Goes

Gerry Mulligan, saxophone tenor
Stan Getz, saxophone baryton
Lou Levy, piano
Ray Brown, contrebasse
Stan Levey, batterie
Enregistré à Los Angeles, 12 octobre 1957

  • That Old Feeling
  • A Ballad

Stan Getz, saxophone tenor
Gerry Mulligan, saxophone baryton
Lou Levy, piano
Ray Brown, contrebasse
Stan Levey, batterie
Enregistré à Los Angeles, 12 octobre 1957