Jazz au Trésor : Specs Powell - Movin' In

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, une rareté dénichée à Paris Jazz Corner, « Movin’ In » de Specs Powell & Co., en 1957, accompagné de notes de pochette de Dizzy Gillespie.

 Jazz au Trésor : Specs Powell - Movin' In
Gordon "Specs" Powell, © Getty / CBS Photo Archive

Le batteur Gordon « Specs » Powell est le dernier des huit Powell que l’on trouve dans le Dictionnaire du jazz (Laffont). Né à New York le 5 juin 1922, disparu à San Marcos, Californie, le 15 septembre 2007), il a traversé la planète jazz avec discrétion, car il a passé l’essentiel de sa carrière dans les studios de radio et de télévision de CBS, notamment pour le fameux Ed Sullivan Show, au sein de la formation maison de Raymond Scott. Il fut d’ailleurs le premier musicien Noir embauché par un orchestre de radio, en 1943. Sa flexibilité, due au fait qu’il jouait également des castagnettes, des bongos et de toute la panoplie des petites percussions contribua également à sa longévité. Il quitta CBS en 1972 pour se retirer aux Îles Vierges, puis dans la région de San Diego.

Specs Powell avait commencé sa carrière professionnelle à la fin des années 30 avec Edgar Hayes, en pleine swing era, et la poursuivit auprès de Benny Carter (1941-42) et Ben Webster. Après avoir enregistré dans nombre de V-Discs, il se retrouva dans le tourbillon de la vie nocturne de la 52nd Street de Manhattan, enchaînant parfois quatre engagements différents par soir pour accompagner des légendes telles que Billie Holiday, John Kirby, Benny Goodman, Coleman Hawkins ou Red Norvo. 

C’est en 1957 qu’il enregistra « Movin’ In », son premier et unique album en leader. À l’époque des balbutiements du bebop, il avait été l’un des tout premiers batteurs à accompagner l’éclosion de Charlie Parker et Dizzy Gillespie. D’où l’affection manifestée par ce dernier dans son texte de présentation au verso de la pochette du disque. Il déplore que la plupart des batteurs « modernes » soient passés à côté de la dimension et de la maitrise de ce batteur et percussionniste qu’il adore. L’album, un condensé de swing avec une équipe de familiers de l’orchestre de Count Basie lui rend à cet égard pleinement justice. À noter qu’il fut publié sur le label Roulette, au moment où Basie y signait lui-même quelques chefs d’œuvre.

Une (rare) interview de Specs Powell ICI 

  • Undecided
  • All or Nothing at All
  • Rat Race
  • Dispossessed (*)
  • Moving In

Ray Copeland (trompette, arrangements)
Leon Merian (trompette)
Jimmie Dahl, Jimmy Cleveland (trombone)
George Dorsey (saxophone alto, flute)
Sahib Shihab (saxophone alto, saxophone baryton)
Aaron Sachs (saxophone ténor, clarinette)
Pritchard Cheeseman (saxophone baryton)
Hank Jones ou Nat Pierce* (piano)
Clyde Lombardi (contrebasse)
Specs Powell (batterie)
Enregistré à New York City, les 13 et 20 février 1957