Jazz au Trésor : Sarah Vaughan - Four Classic Albums

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Avid Jazz / UVM de « Four Classic Albums » consacré aux premières années de Sarah Vaughan.

Jazz au Trésor : Sarah Vaughan - Four Classic Albums
Sarah Vaughan, © Getty / Paul Hoeffler

« Sarah Vaughan with Clifford Brown », « Swingin’ Easy », « At Mister Kelly’s » et « No Count Sarah) » : les albums de la chanteuse, ici rassemblées par Avid Jazz, témoignent de son exceptionnelle maitrise vocale, entre 1954 et 1958. Si la séance avec Clifford Brown du 18 décembre 1954, arrangée par Ernie Wilkins, est bien connue pour avoir révélé Sarah Vaughan (1924-1990) à la manière d’un coup de tonnerre, les trois autres disques méritent d’être redécouvert.

En 1957, Sarah Vaughan a 33 ans. Dans la foulée de « Sarah Vaughan with Clifford Brown », inaugurant son contrat chez Mercury, sur le label EmArcy, elle avait poursuivi les grands formats avec les arrangements d’Ernie Wilkins (« In The Land of Hi-Fi ») ou de Hal Mooney (« Sassy »). Il faut dire que le contexte lui était familier : elle avait débuté au sein du big band d’Earl Hines en 1943… Il faudra attendre « Swingin’ Easy » pour découvrir l’étendue de son registre et sa capacité à désosser un standard dans le dépouillement d’un trio. Ou plutôt de deux trios, puisque cohabitent là une séance du 2 avril 1954 avec John Malachi (qui lui trouva le diminutif de Sassy), Joe Benjamin et Roy Haynes et celle de la Saint-Valentin 1957 avec Jimmy Jones, Richard Davis et ce même Roy Haynes. 

Six mois plus tard, ce dernier trio sera enregistré en public au club Mister Kelly’s de Chicago. La Divine (son autre surnom), y apparait incroyablement nature, relax, avec un placement rythmique parfait, qu’il s’agissen de gambader avec légèreté sur Honeysuckle Rose ou de sublimer la mélancolie de Willow Weep For Me

Et après avoir sacrifié à la demande de son producteur d’enregistrer les songbooks de Irving Berlin ou de George Gershwin, sur la trace de ce que faisait Ella Fitzgerald chez Verve, on la retrouve dans «No Count Sarah» dans un contexte amusant : vedette de l’orchestre de Count Basie… sans Count Basie ! Elle s’y révèle sublime d’aisance dans l’art du vocalese, cette manière de reprendre vocalement note à note en scat un solo instrumental.

  • All Of Me
  • Words Can't Describe

« Swingin’ Easy »
Sarah Vaughan (voix)
Jimmy Jones (piano)
Richard Davis (contrebasse)
Roy Haynes (batterie)
Enregistré à New York, 14 février 1957

  • Willow Weep For Me

« At Mister Kelly’s »
Sarah Vaughan (voix)
Jimmy Jones (piano)
Richard Davis (contrebasse)
Roy Haynes (batterie)
Enregistré à Mister Kelly’s à Chicago, 6 août 1957

  • Smoke Gets In Your Eyes
  • No Count Blues

« No Count Sarah »
Sarah Vaughan (voix)
Wendell Culley, Thad Jones, Snooky Young, Joe Newman (trompettes)
Henry Coker, Al Grey, Benny Powell (trombones)
Marshal Royal, Frank Wess (sax alto)
Frank Foster, Billy Mitchell (sax tenor)
Charley Fowlkes (sax baryton)
Ronnel Bright (piano)
Freddie Green (guitare)
Richard Davis (contrebasse)
Sonny Payne (batterie)
Enregistré à New York, 15 & 23 décembre 1958