Jazz au Trésor : Rita Moss - Queen Moss, 1951-59

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound des jeunes années de la chanteuse Rita Moss. « Queen Moss, 1951-59 » révèle un voix étonnante couvrant quatre octaves, doublée d’une pianiste-organiste-percussionniste !

Jazz au Trésor :  Rita Moss - Queen Moss, 1951-59
Rita Moss

Rita Moss (1918-2015) était née Loreta L. Waynesboro. Elle a grandi à Long Island, à côté de New York, puis dans l’Ohio, en prenant des leçons de piano.  Mariée en 1944 à Herbert Richard Moss, c’est sous ce nom qu’elle allait faire carrière. « Queen Moss, 1951-59 » révèle des débuts fascinants de charme. Si son tout premier 45t, publié en janvier 1950 sur Futurama Records n’est pas inclus, elle venait de passer 7 mois à l’affiche du Park Avenue Restaurant de New York et avait été repérée par Leonard Feather. 

Le recueil s’ouvre sur la séance suivante, en compagnie du quatuor vocal The Satisfiers et de la formation du trompettiste Sonny Dunham. Deux superbes chansons écrites par Richard Criger. Quelques mois plus tard, ce serait au tour de Neal Hefti d’être conquis par cette « voix de lin ». Il lui arrangera un 78t. En juin 1952, le magazine Jet écrira à son propos qu’une rivale à Yma Sumac venait d’apparaitre, avec une voix sensationnelle à quatre octaves… Mercury allait loui offrir un contrat et lui faire enregistrer quatre titres sous le nom de Reta Moss.

Mais il faudra attendre 1956 et la sortie du LP « Introducing Rita Moss » pour que l’étendue de sa palette soit reconnue, avec une conception bien personnelle du jazz : elle s’y accompagne à la fois au piano, à l’orgue ou aux bongos, signe une chanson originale, et fait preuve d’une maitrise parfaite dans le registre supérieur d’une voix coloratura. 

Elle décidera alors de s’installer en Californie, où elle demeurera jusqu’à la fin de sa vie, chantant très fréquemment en club, notamment au Islandia Hotel de San Diego ainsi qu’à Reno ou Las Vegas jusque dans les années 2000, et enregistrant plus épisodiquement, mis à part une trilogie entre 1966 et 68 sur Dot Records et un album de spiritual jazz en 1977, « Inner Experience ».

  • I Never Was So Surprised

Rita Moss (voix, piano)
The Satisfiers : Helen Carroll, Bob Lange, Art Lambert, Loren Welch (voix)
Sonny Dunham Orchestra
Enregistré à New York City, au printemps 1951

  • Jungle Drums
  • This Can't Be Love
  • Bopligato
  • Love is Here to Stay

« Introducing Rita Moss »
Rita Moss (voix, piano, orgue, bongos)
Enregistré à New York City, décembre 1956