Jazz au Trésor : Perez Prado - Concierto para bongo

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, chinée dans la discothèque de Radio France, une délicieuse curiosité de 1965 signée Pérez Prado, portant le mambo à un haut niveau d’exigence et de gourmandise : son « Concierto para bongo  ».

Jazz au Trésor :  Perez Prado - Concierto para bongo
Perez Prado, © Getty / Michael Ochs Archives

Damaso Pérez Prado, né en 1916 à Matanzas, à Cuba, est décédé le 14 septembre 1989 à Mexico City. Pianiste et compositeur, il fut le chantre du mambo, qui tire son origine du danzon cubain et qui fut un tremplin pour la future salsa. Il n’était pas le créateur du rythme, qui existait à La Havane dès la fin des années 30, mais son plus grand propagateur. D’abord à Cuba, où il enregistra en 1947 un irrésistible Que rico el mambo, et surtout après son installation au Mexique en 1948 où il mâtina ses racines cubaines par son admiration pour le big band de Stan Kenton. Pour l’anecdote, mais cela indique bien la vogue planétaire du mambo, dans La dolce vita, Fellini utilisa sa composition Patricia.

Après avoir pris la nationalité mexicaine en 1964 , il fut expulsé du pays pour une raison restée obscure. L’une des hypothèses fait état d’un désaccord avec le président mexicain chagriné par son idée d’arranger l’hymne national en mambo…  

« Concierto para bongo » est le deuxième album enregistré par Perez Prado et son Orchestre pour le label américain United Artists. Lors de sa première sortie, Perez Prado avait exploré avec beaucoup de charme le monde de la musique de film, mais dans ce retour au mambo à la tête d’une éblouissante phalange de musiciens, il se trouve en terrain plus familier.

Si la face A du LP comporte 7 compositions dont la plus longue fait 3 minutes et 5 secondes, la face B est entièrement dévolue à un concerto pour percussions de 17 minutes ! Un impressionnant Concierto qui fut salué à l’époque comme le plus « électrisant » et palpitant dans le domaine de la musique latino-américaine. L’album entier a été enregistré à Mexico City où Perez Prado a agrémenté son orchestre habituel de quelques spécialistes locaux.

  • Virgen de la Macarena
  • Mama a go go
  • A go go
  • Cayetano
  • Concierto para bongo

Perez Prado (orgue Hammond) et son orchestre
Enregistré à Mexico 1965

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Perez Prado : Virgen de la Macaernas