Jazz au Trésor : Nat King Cole - Zurich 1950

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la publication d’un concert inédit de Nat King Cole à Zurich en 1950, exhumé des archives de la RTS.

Jazz au Trésor : Nat King Cole - Zurich 1950
Nat King Cole, © Getty / Michael Ochs Archives

Dans sa série Swiss Radio Days, le label TCB consacre son 43ème volume au concert de Nat King Cole au Kongresshaus de Zurich, le 19 octobre 1950. Un témoignage de la première tournée européenne du pianiste et crooner. Il a enregistré son célèbre Nature Boy deux ans auparavant, et vient de vendre 3 millions d’exemplaires de Mona Lisa. Autant dire qu’il est sur un nuage, ce qui lui va à merveille.

« What a Difference a Voice Makes… » écrit joliment Yvan Isher, auteur du livret. Et de rajouter « Nat… King… Cole : cela sonne au bout du compte comme la légendaire annonce de l’ouverture du rideau de théâtre, quand on frappe les trois coups avant le début de la pièce. » À Chicago, où il a grandi, les héros de Nat King Cole s’appelaient Louis Armstrong, Jimmie Noone ou Earl Hines. Adolescent, il s’octroyait des escapades semi-autorisées dans les clubs de la ville. Il suivait l’enseignement de « Captain » Walter Dyett, à l’instar de Dinah Washington, Johnny Hartman ou Johnny Griffin. Et pour se détacher de la cohorte d’excellents pianistes de l’après-guerre, Nat King Cole eut la lumineuse idée de chanter en s’accompagnant lui-même dans un trio sans batterie. Succès phénoménal grâce à cette voix de sucrier velours, pour reprendre l’expression De Duke Ellington.

Le concert inédit (mis à part quelques diffusions sur la radio publique suisse) de Zurich en 1950 rend parfaitement justice (prise de son remarquable) au charisme des prestations du crooner et swingman. Quelque jours plus tôt, il partageait l’affiche avec le big band de Stan Kenton et un musicien l’avait fasciné, le percussionniste jack Constanzo, spécialiste des bongos, au point de se voir surnommer Mr. Bongo. À Zurich, le trio « de chambre » de Nat King Cole, avec la guitare d’Irving Ashby et la contrebasse de Joe Comfort, s’adjoint les percussions de Constanzo : un son est né, qui se continue aujourd’hui au sein du quartet d’Ahmad Jamal !

À noter qu’une interview de Jack Costanzo (né en 1919), réalisée en décembre dernier par Ivan Isher est retranscrite dans le livret.

Nat King Cole (piano, voix)
Irving Ashby (guitare)
Joe Comfort (contrebasse)
Jack Constanzo (bongos)
Enregistré au Kongresshaus de Zurich, le 19 octobre 1950

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