Jazz au Trésor - Michel Hausser - Mr. Vibes

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound des faces enregistrées à Paris par le vibraphoniste Michel Hausser : « Mr. Vibes, Quartet and Octet Sessions 1958-60 ».

Jazz au Trésor -  Michel Hausser - Mr. Vibes
Michel Hausse, © capture YouTube

Bien sûr, il y avait eu Lionel Hampton, puis Red Norvo. Mais dans les années 50, le vibraphone était un instrument encore assez rare dans le jazz. Milt Jackson commençait tout juste à proposer de nouvelles voies avant Eddie Costa, Teddy Charles, Cal Tjader ou Walt Dickerson… En Europe, le Belge Sadi et le Français Geo Daly furent les précurseurs dans la première moitié de la décennie. Il faudra attendre 1955 pour voir apparaitre dans les clubs parisiens cette figure majeure de l’instrument que sera Michel Hausser. Cette réédition signée Jordi Pujol pour Fresh Sound permet de mesurer la stature du garçon juste après son trentième anniversaire. Michel Hausser vit aujourd’hui à Munster, pas loin de Colmar, sa ville natale, où il a vu le jour le 7 février 1927.

En quartet ou octet avec la fine fleur du jazz hexagonal de l’époque (René Urtreger, Henri Renaud, Daniel Humair, Kenny Clarke, Paul Rovère…), ou associé au flûtiste belge Bobby Jaspar, il séduit autant par la qualité de ses compositions que par ses improvisation limpides clairement inspirées de la technique de Milt Jackson qu’il avait rencontré en 1954. C’est Stéphane Grappelli qui lui mettra le pied à l’étrier dans la formation qu’il avait montée après la disparition de Django Reinhardt.

À la fin de 1956, le trio de Michel Hausser avait fait l’ouverture du club parisien Le Chat qui pêche qui marquerait la vie jazzistique de la capitale jusqu’en 1970. Succès immédiat et bouche à oreille fulgurant. Il enregistra dans la foulée avec le saxophoniste Lucky Thompson et les orchestres de Christian Chevallier ou Quincy Jones. En 1958, dans son référendum annuel, la revue Jazz Hot lui décerna la première place comme vibraphoniste européen. Si le blues est omniprésent dans son écriture et ses improvisations, son style est constamment tenté par l’envie de sortir du cadre et d’affronter la modernité. Bien qu’il n’ait jamais remisé son instrument, il s’est mis à l’accordéon quand il a quitté Paris pour s’installer en Alsace en 1969. Michel Hausser y créera une école d’accordéon ainsi que le festival de jazz de Munster.

  • Rue Dauphine

"Au Chat qui Pêche Vol. 1"
Michel Hausser, vibraphone
Henri Renaud, piano
Ricardo Galeazzi, contrebasse
Dante Agostini, batterie
Enregistré à Paris, 23 avril 1958

  • H.E.C. Blues

"Vibes + Flute"
Bobby Jaspar, flûte
Michel Hausser, vibraphone
René Urtreger, piano
Paul Rovère, contrebasse
Daniel Humair, batterie
Enregistré à Paris, 16 décembre 1958

  • 4 R

"Michel Hausser Quartet Vol.2"
Michel Hausser, vibraphone
René Urtreger, piano
Paul Rovère, contrebasse
Daniel Humair, batterie
Enregistré à Paris, 9 et 10 novembre 1959

  • Phenil Isopropil Amine

"Bobby Jaspar Quartet Featuring Michel Hausser"
Bobby Jaspar, flûte
Michel Hausser, vibraphone
Paul Rovère, contrebasse
Kenny Clarke, batterie
Enregistré à Paris, 19 décembre 1958

  • Up in Hambourg

"Michel Hausser Octet -Up in Hamburg"
Roger Guérin, trompette
Luis Fuentes, trombone
Dominique Chanson, saxophone alto
Bob Garcia, saxophone ténor
Michel Hausser, vibraphone
René Urtreger, piano
Michel Gaudry, contrebasse
Daniel Humair, batterie
Enregistré à Hamburg, mars 1960