Jazz au Trésor : Maurice Vander - Piano Jazz, Trio Sessions

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound de « Piano Jazz, Trio Sessions » un témoignage des débuts en leader de Maurice Vander, à Paris entre 1955 et 61.

Jazz au Trésor : Maurice Vander - Piano Jazz, Trio Sessions
Maurice Vander, © Maxppp / Nicolas Le Lièvre/PhotoQR/Sud Ouest

Après les préhistoires de Martial Solal, René Urgreger et Georges Arvanitas au cours des années 50, Jordi Pujol nous présente celle du quatrième mousquetaire du piano de l’époque, Maurice Vander. Trois séances d’enregistrement réunies pour Fresh Sound dans ce « Piano Jazz, Trio Sessions » .

Maurice Vander (1927-2017) était né à Vitry-sur-Seine. Son père et son grand-père étaient accordéonistes, tout comme son frère Freddy, un proche de Gus Viseur, qui fut aussi celui qui l’initia au jazz. Il commença le piano à l’âge de 13 ans, après avoir entendu Art Tatum à la radio. 

Ses débuts professionnels remontent à 1948, quand à 19 ans on lui proposa de remplacer Bernard Peiffer dans un club de la rue de Lappe qui s’appelait Bie Hop parce que son patron, par ailleurs propriétaire de garages automobiles avait mal retranscrit la phonétique de bebop… Dans la foulée, il remplaça André Persiany au Mephisto Club, puis Eddie Bernard au Club Saint-Germain. Désormais repéré, il joua avec Guy Longnon, Jean-Claude Fohrenbach et occasionnellement Boris Vian. À la fin de son service militaire, en 1951, il se trouva embauché par Django Reinhardt en même temps que Hubert Fol, Pierre Michelot et Pierre Lemarchand. Il ne tarderait pas à enregistrer au côté de Don Byas pour le label Blue Star puis pour Vogue. 

À l’hiver 1954, Maurice Vander et Bobby Jaspar séjournèrent plusieurs semaines au Club Saint-Germain et se retrouvèrent en studio pour accompagner Jimmy Raney. 1955 serait une année faste pour le pianiste : un voyage à Bruxelles pour un concert avec la crème du jazz belge (René Thomas, Bobby Jaspar et Benoit Quersin) ; en mars l’enregistrement de « Rencontre à Paris » avec le saxophoniste britannique Don Rendell, Sacha Distel et toujours Jaspar ; dans la foulée, il participera aux séances en studio de Stéphane Grappelli, Maxim Saury et à nouveau Don Byas. C’est alors que le nouveau label Vega lui proposa de mettre en boite un premier album de standards, en trio avec Benoit Quersin et Jacques David. Il terminerait l’année en accompagnant Chet Baker, dont le pianiste Dick Twardzik venait de disparaître. 

Après une autre session studio le 2 février 1956, on le retrouvera en compagnie de Bob Garcia, Joe Newman, Barney Wilen, Kenny Clarke et Quincy Jones… 1957 serait un tournant : sa rencontre avec la chanteuse Maria Vincent le conduira à tourner pendant 2 ans au Moyen-Orient. C’est au retour, en 1960, qu’il forma un trio avec Pierre Michelot et Kenny Clarke pour s’installer durablement au club Blue Note qui venait d’ouvrir. Un album y serait enregistré, « Live at the Blue Note », avant qu’une séance studio soit organisée, qui ne vit le jour que quelques années plus tard, sous le pseudonyme de Steve Anderson sous le titre « Piano for Dance ». C’est celle que l’on retrouve ici en complément des séances de 1955 et 56. 

Dans la foulée, on retrouvera Maurice Vander aux côtés de Sylvie Vartan, Johnny Halliday ou Tino Rossi, en même temps qu’il poursuivra sa carrière de jazzman. Avec Claude Nougaro, il réussira à tout concilier…

  • Get Happy

« Piano Jazz » (Vega V35 M721)
Maurice Vander (piano)
Benoît Quersin (contrebasse)
Jacques David (batterie)
Enregistré à Paris, automne 1955

  • Fascinating Rhythm

45 tours Vega V45 P1611
Maurice Vander (piano)
Benoît Quersin (contrebasse)
Jacques David (batterie)
Enregistré à Paris, le 2 février 1956

  • Because of You
  • Night and Day

Steve Anderson, « Piano for Dance » (Bel Air 7025)
Maurice Vander (piano)
Pierre Michelot (contrebasse)
Kenny Clarke (batterie)
Enregistré à Paris, 1961