Jazz au Trésor : Mark Murphy - Sings

Mark Murphy ou l'art vocal qui découla du bebop : trois albums majeurs, enregistrés entre 1960 et 62, font l'objet d'une même réédition chez Fresh Sound : Mark Murphy « Sings ».

Jazz au Trésor : Mark Murphy - Sings
Mark Murphy in London in the 1960s ©JJ Archive

Mark Murphy (82 ans aujourd'hui, il est né en 1932) est à côté de Jon Hendricks et de Mel Tormé, l'un des piliers fondateurs du jazz vocal masculin, capable d'improviser aussi bien sur le plan musical que sur les textes. Six fois nommé aux Grammy awards. S'il fit ses débuts discographiques chez Decca en 1956, hésitant encore entre une carrière de comédien et de chanteur, c'est au moment de son séjour à Los Angeles en 1958, puis à son retour à New York en 1960 qu'il signa des albums majeurs.

Ce sont ceux qui viennent d'être rassemblés par Fresh Sound sous le titre « Sings » : « Playing The Field » enregistré à Hollywood en juillet 1960, « Rah » gravé à New York en septembre-octobre 1961 et « That's How I Love The Blues » de l'automne 1962. L'édition en double CD est complétée de quelques « Singles » mis en boite en 1962 et 63 à New York.

Régulièrement critiqué à ses débuts pour une apparente affectation dans l'articulation, sa virtuosité à improviser sur toutes les tonalités et les tempos fit vite l'unanimité. « Playing The Field » fut son troisième et dernier album pour Capitol et malgré le brio des arrangements de Bill Holman (une moitié pour big band, une moitié en trio) ne connut pas la reconnaissance espérée.

Le premier vrai succès, qui fint l'unanimité du public et de la critique fut « Rah », produit chez Riverside : de splendides arrangements pour cuivres et section rythmique signés d'Ernie Wilkins pour des moyennes formations (du sextet au nonet avec percussions) où brillent Bill Evans, Clark Terry ou Wynton Kelly.

Dans la foulée, il demandera à Al Cohn de reprendre une formule orchestrale similaire (trompettes, section rythmique et percus) pour « That's How I Love The Blues » qui reste à ce jour son album préféré. En 1963 il serait la révélation vocale de l'année pour le magazine Down Beat et à la fin de la décennie, il s'installerait à Londres comme acteur. Son retour discographique au jazz chez le label américain Muse, pour quatorze ans à partir de 1973, allait correspondre à sa période de reconnaissance définitive.

« Playing The Field »
Conte Candoli, Ray Triscari, Stu Williamson, Al Porcino (trompettes)
Frank Rosolino, Lew McCreary, Bob Fitzpatrick (trombones)
Joe Maini, Al Thomson (sax alto)
Med Flory, Bill Perkins (sax ténor)
Jack Nimitz (sax baryton)
Al Hendrickson (guitare)
Jimmy Rowles (piano)
Joe Mondragon (contrebasse)
Shelly Manne (batterie)
Bill Holman (arrangements)
Hollywood les 5 (big band) et 7 juillet 1960

« Rah »
Clark Terry, Blue Mitchell, Joe Wilder, Bernie Glow, Ernie Royal (trompettes)
Jimmy Cleveland, Urbie Green, Melba Liston (trombones)
Wynton Kelly ou Bill Evans (piano)
Barry Galbraith ou Sam Herman (guitare)
Art Davis, George Duvivier ou Wendell Marshall (contrebasse)
Jimmy Cobb (batterie)
Ray Barretto (conga)
Ernie Wilkins (arrangements)
New York, 15, 19 et 22 septembre et 16 octobre 1961

« That's How I Love The Blues »
Nick Travis, Clark Terry, Snooky Young (trompettes)
Bernie Leighton or Dick Hyman (orgue)
Roger Kellaway (piano)
Jim Hall (guitare)
Ben Tucker (contrebasse)
Dave Bailey (batterie)
Willie Rodriguez (percussions)
Al Cohn (arrangements)
New York, septembre-décembre 1962