Jazz au Trésor : Mal Waldron - The Opening

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition de l’album « The Opening » de Mal Waldron, sur le label Futura.

Jazz au Trésor : Mal Waldron - The Opening
Mal Waldron

En ce temps-là (les années 70), le Centre Culturel Américain du boulevard Raspail à Paris rayonnait pour les amateurs de jazz de la capitale. On y vécut aussi bien les premiers pas d’Anthony Braxton que le retour de Chet Baker après un très long silence… Après un déménagement et la cessation de ses activités, le bâtiment fut rasé et c’est aujourd’hui la Fondation Cartier qui occupe le même emplacement.

Le label Futura de Gérard Terronès avait démarré en publiant un concert du trio Siegfried Kessler enregistré au Gill’s Club (appartenant au producteur) fin 1969. La référence suivante sera un album du trio de Georges Arvanitas issu de deux concerts au Centre Culturel Américain. Le 12 mai 1970, un premier album de Mal Waldron, en trio avec Patrice Caratini et Guy Hayat, sera enregistré au même endroit. Le 12 novembre, Mal Waldron y reviendrait en solo et c’est ce concert qui sonna lieu à l’édition de « The Opening ».

Mal Waldron (16 août 1925 – 2 decembre 2002) a alors 45 ans. Il a collaboré avec Charles Mingus, Billie Holiday, Jackie McLean, Eric Dolphy, John Coltrane. Une dépression en 1963, consécutive à une overdose, le laisse sans mémoire musicale. Il lui faut tout réapprendre, notamment en réécoutant ses propres enregistrements. C’est alors qu’il choisit de s’installer en Europe : Paris, Rome, Bologne, Cologne… avant de se fixer à Munich en 1967. Il enregistrera en 1969 le premier album du catalogue ECM, « Free At Last ». Et deux ans plus tard, le premier de Enja Records.

1970 sera une année importante pour lui : au-delà des albums enregistrés en concert à Paris pour Futura, il effectuera son premier séjour au Japon, où il deviendra un musicien culte. Dans les décennies suivantes, il sera souvent associé à Steve Lacy, basé à Paris. Ce que révèle « The Opening », c’est un pianiste de l’hypnose, aux phrases plus obsédantes que répétitives, dont le phrasé circulaire tisse inexorablement une toile harmonique arachnéenne. Hier Ran Blake ou Stanley Cowell, aujourd’hui, Ethan Iverson , le pianiste des Bad Plus ou Matthew Shipp, se revendiquent volontiers de son influence. Chez lui, c’est Thelonious Monk qui aura laissé la marque la plus profonde.

Mal Waldron, piano
19 novembre 1970, Centre culturel américain, Paris

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