Jazz au Trésor : Lee Morgan - Four Classic Albums

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition en double CD chez Avid Jazz de 4 albums du trompettiste Lee Morgan, enregistrés entre 1957 et 1960.

Jazz au Trésor : Lee Morgan -  Four Classic Albums
Lee Morgan, © Getty / Paul Hoeffler

Dans la série « Four Classic Albums », Avid Jazz (dist. UVM) consacre un double album à Lee Morgan : sont ainsi regroupés « Dizzy Atmosphere » de 1957, publié chez Specialty, « Here’s Lee Morgan », sorti chez Vee-Jay, « Leeway » chez Blue Note et « Expoobident » chez Vee-Jay également, tous trois de 1960. À partir de 1963, Lee Morgan (1938-1972), enchainera les 18 albums suivants chez Blue Note. Avec les 7 qui avaient précédé et ses participations aux albums des Jazz Messengers d’Art Blakey, à ceux de Wayne Shorter, Jackie McLean, Hank Mobley, McCoy Tyner et tant d’autres, Lee Morgan est l’archétype du musicien Blue Note !

C’est parce qu’il avait intégré l’orchestre de Dizzy Gillespie à 18 ans, qu’il se fit un plaisir de rendre hommage à son premier mentor avec « Dizzy Atmosphere » en 1957, alors qu’il faisait toujours partie de la formation. Il y a d’ailleurs exclusivement fait appel à ses collègues de l’orchestre de Dizzy.

Lee Morgan avait le sens des remerciements : pour les trois autres albums ici regroupés, il fait appel à son employeur suivant, Art Blakey, pour tenir la batterie. Dans « Here’s Lee Morgan », il a 21 ans et si on peut y déceler son admiration pour Clifford Brown, il s’inscrit surtout dans le sillage des Jazz Messengers, avec le format du quintet désormais gravé dans le marbre.

Peut-être parce qu’il ne comporte que 4 longues plages, « Leeway » est l’un des plus méconnus de ses 25 albums pour Blue Note. Et pourtant tous les musiciens en sont des abonnés : Jackie McLean, Bobby Timmons, Paul Chambers et Blakey. Au sein de ce hard bop bon teint, la présence de Bobby Timmons apporte des effluves soul irrésistibles et une composition de Lee Morgan confirme son sens aigu des préséances : The Lion and The Wolff est évidemment dédié aux deux patrons du label, Allfred Lion et Francis Wolff !

La grande différence entre « Expoobident », sorti chez Vee-Jay et les séances Blue Note tient à une relaxation particulière. On sent le quintet très détendu. L’album est particulièrement attachant pour deux raisons : la présence du mésestimé Clifford Jordan au ténor, et celle d’un Eddie Higgins en pleine forme, lui qui sera ensuite le pianiste d’Art Blakey.

A voir :

"I Called Him Morgan" de Kasper Collin, documentaire de 2016, sur NetFlix.

Someone I Know
« Dizzy Atmosphere »

Lee Morgan (trompette)
Al Grey (trombone)
Billy Mitchell (sax ténor)
Billy Root (sax baryton)
Wynton Kelly (piano)
Paul West (contrebasse)
Charlie Persip (batterie)
Enregistré à Hollywood, le 18 février 1957

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Lee Morgan : Someone I Know

Terrible T
« Here’s Lee Morgan »

Lee Morgan (trompette)
Clifford Jordan (sax ténor)
Wynton Kelly (piano)
Paul Chambers (contrebasse)
Art Blakey (batterie)
Enregistré à New York, février 1960

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Lee Morgan : Terrible T

The Lion and the Wolff
« Leeway»

Lee Morgan (trompette)
Jackie McLean (sax alto)
Bobby Timmons (piano)
Paul Chambers (contrebasse)
Art Blakey (batterie)
Enregistré à Hackensack, NJ, le 28 avril 1960

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Lee Morgan : The Lion And The Wolf

Expoobident
« Expoobident »

Lee Morgan (trompette)
Clifford Jordan (sax ténor)
Eddie Higgins (piano)
Art Davis (contrebasse)
Art Blakey (batterie)
Enregistré à Chicago, le 14 octobre 1960