Jazz au Trésor : Kenny Drew - This Is New

Réédition dans la série « Four Album Plus » d’une rareté du pianiste Kenny Drew en compagnie de Donald Byrd.

Jazz au Trésor : Kenny Drew - This Is New
Photo - Montage pochettes Kenny Drew pour Jazz au Trésor

En 1957, Kenny Drew a 29 ans et a déjà enregistré en leader quatre ans auparavant, en trio avec Art Blakey et Curly Russell pour « Introducing Kenny Drew » et il avait remis le couvert en 1955, en quartet cette fois avec le saxophoniste Joe Maini dans « Talkin’ & Walkin’ ». Il avait fait ses débuts dans un enregistrement bebop pur jus du trompettiste Howard McGhee en 1950 : 22 ans c’était alors le bel âge pour se lancer sans complexes dans la jungle nocturne de la 52ème rue new-yorkaise.

Des étoiles du piano bebop qui le précèdent, Kenny Drew a plutôt retenu l’énergie bouillonnante de Bud Powell, l’élégance de Wynton Kelly et la leçon de rigueur de Horace Silver que la singularité de Monk. Il est dans la norme, d’une certaine façon, mais avec des moyens techniques hors norme.

En même temps que les deux premiers albums du pianiste et ses « Jazz Impressions of Rodgers & Hart Pal Joey », enregistré en trio en octobre 1957, Avid Jazz propose en double CD la séance rarement rééditée des 28 mars et du 3 avril 1957. La première en quintet, avec trompette et sax ténor, pour trois titres, la seconde en quartet sans le saxophoniste pour quatre compositions. Esthétique hard bop, dans la droite ligne des préceptes d’Art Blakey ou Horace Silver (la complexité harmonique du bebop sur des rythmiques ne déviant pas d’un swing puissant) avec de jeunes pousses au ténor et à la trompette :
Donald Byrd (trompette)
Hank Mobley (sax ténor)
Kenny Drew (piano)
Wilbur Ware (contrebasse)
G.T. Hogan (batterie)

Le batteur avait déjà joué avec Illinois Jacquet et Stan Getz et enregistré avec Randy Weston. Wilbur Ware, lui, avait déménagé de Chicago à New York un an plus tôt et jouait au même moment avec Sonny Rollins. Si Hank Mobley reste relativement effacé, c’est que le tout jeune Donald Byrd explose littéralement dans cet enregistrement. Kenny Drew a compris qu’il tenait là une pépite brute et le met remarquablement en valeur. 1957, c’est l’année où Kenny Drew participa au « Blue Train » de Coltrane. L’avenir s’annonçait radieux…

En 1961, le pianiste choisissait de partir vivre à Paris avant de s’installer trois ans plus tard à Copenhague. Une autre vie, jusqu’à sa disparition en 1993 : souvent associé au bassiste Niels-Henning Ørsted Pedersen, Il y participa à un nombre record de sessions, dans des contextes très différents.

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