Jazz au Trésor : Johnny Smith - Moonlight in Vermont

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, une perle soigneusement conservée dans les archives de la Discothèque de Radio France, «Moonlight in Vermont», les 1ers enregistrements (1952-53) de Johnny Smith, l’un des guitaristes les plus délicats de l’histoire du jazz.

Jazz au Trésor : Johnny Smith - Moonlight in Vermont
Johnny Smith en 1952, © Getty / Michael Ochs Archives

Johnny Smith (1922-2013) est l’un des secrets les mieux gardés du patrimoine du jazz. En publiant récemment chez Tzadik leur duo « The Maid With The Flaxen Hair : A Tribute to Johnny Smith » , Mary Halvorson et Bill Frisell ont remis en lumière leur héros confidentiel. C’est que le compositeur de Walk, Don’t Run semble avoir érigé la discrétion en valeur suprême. Il avait appris la guitare en autodidacte en jouant sur celles qui étaient en dépôt chez les prêteurs sur gage de Portland, dans le Maine. Il les accordait en échange ! C’est au début des années 50 qu’il apparut sur la scène jazz new-yorkaise, venant jammer au Birdland quand le New York Philharmonic, ou la NBC qui l’avait embauché comme guitariste permanent de ses studios, lui en laissaient le loisir. Benny Goodman allait l’embaucher dans la foulée.

En 1952, le label Roost, qui avait déjà produit les premiers enregistrements de Stan Getz, lui propose d’enregistrer avec le saxophoniste. Ces séances, étalées de mars 1952 à août 1953 seront d’abord publiées en 25cm sous le titre « Jazz at NBC » avant d’être ensuite compilées en 1956 dans le LP « Moonlight in Vermont ». L’album eut un retentissement considérable, à la fois comme symbole du jazz cool et un grand classique de la guitare électrique. Les guitaristes trouvant chez Johnny Smith un art sophistiqué des voicings, des accords subtils plus souvent inspirés des dix doigts utilisés sur le piano que des quatre sur la guitare. Quant à ses solos, ils sont d’une logique imparable, annonçant ceux d’un Bill Evans quelques années plus tard… Son association avec Stan Getz est ici un bonheur de fluidité réciproque, mais il fera également appel à Zoot Sims ou Paul Quinichette comme partenaires durant ces cessions.

  • Tabu
  • Where or When
  • Moonlight in Vermont

Johnny Smith (guitare)
Stan Getz (sax ténor)
Sanford Gold (piano)
Eddie Safranski (contrebasse)
Don Lamond (batterie)
Enregistré à New York City, 11 mars 1952

  • Stars Fell on Alabama

Johnny Smith (guitare)
Stan Getz (sax ténor)
Sanford Gold (piano)
Bob Carter (contrebasse)
Morey Feld (batterie)
Enregistré à New York City, 9 novembre 1952

  • Cavu

Johnny Smith (guitare)
Paul Quinichette (sax ténor)
Sanford Gold (piano)
Arnold Fishkind (contrebasse)
Don Lamond (batterie)
Enregistré à New York City, août 1953