Jazz au Trésor : Johnny Lytle - Four Classic Albums

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la publication des quatre premiers enregistrements pour le label Jazzland, entre 1060 et 62, d’un vibraphoniste largement méconnu, Johnny Lytle.

Jazz au Trésor : Johnny Lytle - Four Classic Albums
Johnny Lytle, © Getty / Michael Ochs Archives

Regroupés sous la forme d’un double CD, dans la série d’Avid Jazz « Four Classic Albums » , les quatre premiers albums du vibraphoniste Johnny Lytle : « Blue Vibes » (1960) et « Happy Ground » (1961), en trio vibraphone-orgue-batterie, « Nice and Easy » et « Moon Child » (1962) en quintet, le premier avec Johnny Griffin et le second avec Ray Barretto.

Après Teddy Charles, Walt Dickerson, Victor Feldman, Cal Tjader, Terry Gibbs, Lionel Hampton, Milt Jackson, Dave Pike et Lem Winchester, Avid Jazz insiste sur l’arbre généalogique des vibraphonistes. Il faut dire que nombre d’entre eux sont revenus sur le devant de la scène, grâce aux samples des DJs. Johnny Lytle est de ceux-là.

Johnny Dillard Lytle (1932-1995) fut batteur (et même boxeur) avant de choisir le vibraphone. À la fin des années 50, il enregistre à la batterie aux côtés de Ray Charles ou Gene Ammons. En 1957 qu’il forma son premier groupe, un quartet avec le saxphoniste Boots Johnson, l’organiste Milton Harris et le batteur William "Peppy" Hinnant. Et c’est en entendant ce groupe que le producteur Orrin Keepnews lui proposa d’enregistrer sur son jeune label Jazzland.

Adoubé par Lionel Hampton, qui était très admiratif de sa vélocité son surnom serait Fast Hands), Johnny Lytle allait signer une trentaine de disques durant sa carrière, mais aucun sur une major (Jazzland, Solid State et Muse), ce qui peut expliquer son quasi oubli.

Après deux premiers essais aux accents blues et funk dans sa formule de prédilection, le trio avec orgue et batterie, le troisième rendez-vous, « Nice and Easy », allait marquer les esprits, autant par la présence d’un Johnny Griffin en grande forme, que pour une section rythmique délicieusement cohérente avec une pointe d’accent soul : Bobby Timmons, Sam Jones et Louis Hayes, irrésistibles. Pour des raisons mystérieuses, cette pièce maitresse serait très longtemps indisponible et un cauchemar pour les collectionneurs. Enfin, avec « Moon Child », comme chez Herbie Hancock ou Art Blakey à la même époque, on a affaire à un jazz qui défie le hiatus simpliste entre musique exigeante et accroche populaire.

Blue Vibes
« Blue Vibes », Jazzland JLP 22
Johnny Lytle (vibraphone)
Milton Harris (orgue Hammond)
Albert Heath (batterie)
Enregistré à New York City, le 16 juin 1960

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Johnny Lytle : Blue Vibes

Lela
« Happy Ground », Jazzland JLP 44
Johnny Lytle (vibraphone)
Milton Harris (orgue Hammond)
William « Peppy » Hinnant (batterie)
Enregistré à New York City, le 23 mars 1961

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Johnny Lytle : Lela

332-Wow !
« Nice and Easy », Jazzland JLP 67
Johnny Lytle (vibraphone)
Johnny Griffin (sax ténor)
Bobby Timmons (piano)
Sam Jones (contrebasse)
Louis Hayes (batterie)
Enregistré à New York City, le 29 janvier 1962

The Moor Man
« Moon Child », Jazzland JLP 81
Johnny Lytle (vibraphone)
Milton Harris (orgue Hammond)
Steve Cooper (basse)
William « Peppy » Hinnant (batterie)
Ray Barretto (congas)
Enregistré à New York City, le 5 juillet 1962