Jazz au Trésor : Jo Privat - 1945-58 Le gitan blanc

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, les années de braise de Jo Privat, exhumées de la mémoire de la rue de Lappe.

Jazz au Trésor : Jo Privat - 1945-58 Le gitan blanc
Photo - montage photo Jo Privat Frémeaux

Enfant de Ménilmontant, Jo Privat fut l’une des sommités du « piano à bretelles ». L’œuvre de ce compositeur inspiré, aux accents virtuoses, se situe aux confins du musette, du jazz et de la musique tzigane. De nombreuses des inoubliables valses de l’artiste sont considérées aujourd’hui comme des classiques. Pour cette réédition chez Frémeaux des classiques des grandes années du Jo Privat dans l’après-guerre, Dany Lallemand restitue ici la carrière discographique du « Gitan blanc » avec force détails biographiques. Quelques enregistrements rares viennent agrémenter la rétrospective, avec une heureuse rectification au diapason, afin de retrouver les tonalités authentiques.

Né en 1919 (et disparu en 1996), c’est après la Libération que l’accordéoniste – un vrai titi parisien à l’argot fleuri - a vraiment débuté sa carrière, même s’il avait enregistré dès 1936. Du coup, contrairement à ses prédécesseurs, il a pu bénéficier des acquis harmoniques du jazz, notamment celui de Django Reinhardt. Entre 1945 et 47, on redécouvre un musicien très marqué par le swing, entouré de Lucas (clarinette), Paul Boisgrosset (piano), René Duprat et Gaston Durand (guitares) et Jacques Petisigne (contrebasse).

Après avoir fait fleurir les valses musettes sur les parquets des salles de danse durant toutes les années 50, il réalisera son chef d’œuvre en 1960, un album 25cm intitulé « Manouche Partie » et enregistré pour Columbia en compagnie de Jean « Matelot » Ferret (guitare solo), Jacques Montagne (guitare rythmique), René Dubois (contrebasse), Baptiste Reilhes dit « Mac-Kac » (batterie) et d’un violoniste hongrois dont tous les témoins ont oublié le nom. L’intégralité de cette séance, enregistrée d’un trait le 3 novembre 1960 aux studios Pathé-Marconi de Boulogne-Billancourt, est incluse dans cette réédition.