Jazz au Trésor : Jazz Ladies, 1924-62

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la compilation « Jazz Ladies, 1924-62 », qui rend justice à la contribution des jazzwomen, compositrices ou instrumentistes, à l’histoire du jazz.

Jazz au Trésor : Jazz Ladies, 1924-62
Jazz Ladies

En rassemblant sur un coffret de 3 CD les pianistes (1936-61), les autres instrumentistes (1924-62) et les Girls Bands (1934-54), « Jazz Ladies » apporte la preuve que la place des musiciennes a été loin d’être anecdotique dans le patrimoine du jazz. Patrick Frémeaux explique le projet : « _En se limitant en grande partie aux chanteuses, les historiens du jazz ont trop souvent négligé d’évaluer l’importance de la place des femmes instrumentistes. Il était nécessaire de réévaluer le travail des pionnières qui ont ouvert la voie aux formidables musiciennes que l’on compte parmi nous aujourd’hui. Dans la lignée du coffret dédié à Mary Lou Williams, Jean-Paul Ricard et Jean Buzelin mettent en lumière de formidables musiciennes, dans une anthologie complète et pleine de trésors rares_ ». Une magnifique entreprise de réhabilitation, incluant dans son livret de courtes biographies de ces jazzwomen souvent méconnues.

Du côté des pianistes, entre Lil Hardin Armstrong, repérée dès les années 20 pour ses collaborations avec son mari et Toshiko Akiyoshi, venue du Japon pour monter un big band toujours en activité à New York, on connait depuis longtemps l’importance de Mary Lou Williams, compositrice de premier plan. Mais cette compilation est l’occasion de se souvenir notamment de Jutta Hipp (1925-2003), née à Leipzig et débutant une carrière en Allemagne avant de s’installer à NYC en 1955, ou de Lorraine Geller (1928-1958), apparue sur la West Coast et fauchée à 30 ans par une crise cardiaque. Hazel Scott, Dorothy Donegan, Yvonne Blanc, Barbara Carroll, Marian McPartland, Terry Pollard, Patti Brown ou Pat Moran, sont également évoquées.

En ce qui concerne les autres instrumentistes, on retrouve les trompettistes Dolly Jones, Valaida Snow (1904-1956) ou Clora Bryant, la tromboniste Melba Liston, les saxophonistes Kathy Stobart ou Vi Redd, l’organiste Shirley Scott, la guitariste Mary Osborne, la harpiste Dorothy Ashby, les chefs d’orchestre Lovie Austin, Blanche Calloway ou la quasi parité hommes-femmes au sein du Mills Cavalacade Orchestra.

Dans le troisième volet, on réalise que bien avant le Lady Quartet que Rhoda Scott nous présentait récemment dans Open Jazzles orchestres strictement féminins ont traversé l’histoire du jazz depuis les années 30, souvent avec des noms délicieux : Ina Ray Hutton & Her Melodears, The International Sweethearts of Rhythm, The Hip Chicks, Mary Lou Williams Girl Stars, Ivy Benson & Her All Girls Band, ainsi que le septet de la pianiste et vibraphoniste Terry Pollard (1931-2009), le trio de la pianiste Beryl Booker (1923-1980) ou le quintet de la bassiste Vivien Garry.

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Jutta Hipp : Mon Petit ( I Never Knew )

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Lorraine Geller : Clash By Night

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OPEN JAZZ - Terry Pollard : Mamblues

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OPEN JAZZ - Valaida Snow : High Hat, Trumpet and Rythm

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OPEN JAZZ - Beryl Booker : Low Celling