Jazz au Trésor : Jazz on Film, Crime Jazz

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, les musiques des séries télévisées américaines à la fin des années cinquante. Le jazz en noir et blanc… avec des taches rouges.

Jazz au Trésor : Jazz on Film, Crime Jazz
Photo - Jazz on film Crime Jazz MEA 603*380

Dans la série de ses coffrets « Jazz On Film », le label anglais Moochin’ About (distribution Socadisc) publie « Crime Jazz ! », un coffret de 8 CD rassemblant les musiques de quatorze séries policières américaines diffusées entre 1957 et 64. Certaines célébrissimes (Les Incorruptibles, Johnny Staccato ), d’autres devenues cultes après avoir inspiré des jazzmen célèbres de Stan Getz à John Zorn (Peter Gunn, The Naked City, Mickey Spillane) et la plupart restées confidentielles en dehors des États-Unis. Une boite de madeleines trempées dans le sang…

On trouve ici les bandes originales de 77 Sunset Strip et Hawaiian Eye (composées par Warren Barker), M~Squad (Stanley Wilson), Staccato (Elmer Bernstein), Mike Hammer (Skip Martin), Checkmate (Johnny Williams), Shotgun Slade (Stanley Wilson), Peter Gunn et Mr Lucky (Henry Mancini), The Naked City (George Dunning), The Untouchables (Nelson Riddle), Richard Diamond (Pete Rugolo) et Bourbon St Beat (Don Ralke).

Un tournant s’est opéré dans ces années-là, à la fois dans la musique de film et celle des séries TV. Auparavant, Hollywood avait systématiquement recours à des formations symphoniques ou à celles utilisées pour les comédies musicales de Broadway. Le succès du bebop, du hard bop et du jazz cool amena les studios à utiliser davantage le jazz pour accentuer le réalisme urbain des séries policières.

Les jeunes compositeurs alors sollicités, intégrèrent le jazz à des arrangements pour big band. Elmer Bernstein fut l’un des premiers à réussir l’exercice de manière totalement convaincante. Le jazz se fit ainsi la bande son du crime organisé, de la corruption et des intrigues d’espionnage. Dans de nombreux cas, des jazzmen notoires furent sollicités, tels que Stan Getz, Shorty Rogers, Count Basie, Quincy Jones, Shelly Manne ou Jimmy Rowles.