Jazz au Trésor : Hubert Fol - And his Be-Bop Minstrels

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound des premiers enregistrement du saxophoniste Hubert Fol : « And his Be-Bop Minstrels » à Paris, entre 1947 et 56.

Jazz au Trésor : Hubert Fol  - And his Be-Bop Minstrels
Hubert Fol And His Be-Bop Minstrels

Avec « Hubert Fol and his Be-Bop Minstrels », Fresh Sound poursuit sa mise en lumière du patrimoine du jazz en France dans les années 50. Et même un peu avant, s’agissant de Hubert Fol (1925-1995), dans ses enregistrements à partir de 1947, suivant immédiatement l’émergence de Charlie Parker à New York.

Hubert Fol était né le 11 novembre 1925, trois avant son frère cadet, le pianiste Raymond Fol. Après avoir commencé le piano, il prit des cours de violon et de clarinette en 1942 et opta finalement pour le saxophone alto après avoir entendu Johnny Hodges. À la Libération, il se retrouve embauché dans l’orchestre du clarinettiste Claude Abadie en même temps que son frère et Boris Vian. C’est au sein de cette formation que l’on retrouve ses premières traces enregistrées sur des 78 tours en 1945 et 46.

C’est alors que Hubert Fol reçut la musique de Charlie Parker comme une révélation. Sa vie en serait bouleversée pour les deux décennies suivantes qu’il passa à explorer les trouvailles harmoniques et rythmiques du bebop. À l’été 47, il fit la rencontre de trois jazzmen américains qui avaient prolongé leur tournée européenne avec Don Redman, d’un long séjour parisien. Le trompettiste Alan Jeffreys, le tromboniste Jack Carmen (le seul blanc de l’orchestre de Don Redman) et le batteur Benny Bennett, eux aussi curieux des leçons parkériennes, allaient lancer l’aventure des Be-Bop Minstrels que Hubert Fol démarrait avec André Persiany et Emmanuel Soudieux. Charles Delaunay leur ouvrit les portes de son label Swing.

Et après deux autres séances en 1948 avec notamment des membres du big band de Dizzy Gillespie, Hubert Fol se retrouva fréquemment dans la série Jazz Parade que Charles Delaunay programmait chaque dimanche au Théâtre Édouard VII à Paris. Kenny Clarke qui s’était installé à Paris après la tournée de Gillespie dispensait de judicieux conseils à toute la jeune garde de boppers parisiens et se retrouva naturellement au côté d’Hubert Fol.

En 1951, lorsque Boris Vian convainquit Django Reinhardt de reprendre la scène après deux ans d’absence, pour la réouverture du Club Saint-Germain, il prit soin de l’entourer des jazzmen de la nouvelle génération. En 1956, la réputation de Hubert Fol n’était plus à faire. Lorsque Barclay lui proposa d’enregistrer un 45 tours, il choisit ce qui se faisait de mieux : René Urtreger, Jean-Louis Viale et Jean-Louis Lemarchand. Ils étaient ses compagnons de jeu réguliers depuis trois ans…  Si « Hubert Fol and his Be-Bop Minstrels » s’arrête là, la carrière d’Hubert Fol se poursuivrait aux côtés de Barney Wilen, Guy Lafitte ou Roger Guérin. C’est au milieu des années 60 qu’il cessera ses activités, pour des raisons de santé. 

  • Night in Tunisia

Alan Jeffreys (trompette)
Jack Carmen (trombone)
Hubert Fol (sax alto)
André Persiany (piano)
Emmanuel Soudieux (contrebasse)
Benny Bennett (batterie)
Enregistré à Paris, 4 juillet 1947

  • Love in the Sun 

Nat Peck (trombone)
Hubert Fol (sax alto)
Bernard Peiffer (piano)
Jean Bouchety (contrebasse)
Kenny Clarke (batterie)
Enregistré à Paris, 29 octobre 1949

  • This Fol-ish Thing

Hubert Fol (sax alto)
Raymond Fol (piano)
Pierre Michelot (contrebasse)
Kenny Clarke (batterie)
Enregistré à Paris, 3 mars 1950

  • Death of the Octopus

Christian Bellest, Guy Longnon (trompette)
Nat Peck, Bernard Zacharias, Benny Vasseur (trombone)
Hubert Fol (sax alto)
Raymond Fol (piano)
Pierre Michelot, Roger Dagneres (contrebasse)
Roger Paraboschi (batterie)
Enregistré à Paris, 28 juin 1950

  • A Fine Romance

Hubert Fol (sax alto)
René Urtreger (piano)
Jean-Marie Ingrand (contrebasse)
Jean-Louis Viale (batterie)
Enregistré à Paris, 11 janvier 1956