Jazz au Trésor : Horace Silver - There's No Need To Struggle

Exhumé des archives de la discothèque de Radio France, un troisième vinyle d’Horace Silver sur son propre label, Silveto.

Jazz au Trésor : Horace Silver - There's No Need To Struggle
Horace Silver

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Horace Silver : I Don't Know What I'm Gonna Do du 21 Mars 2016

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Horace Silver : Don't Dwell on Your problems du 22 Mars 2016

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Horace Silver : There's no need to struggle du 23 Mars 2016

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Horace Silver : Seeking the Plan du 24 Mars 2016

Après avoir été l’archétype des jazzmen estampillés Blue Note, Horace Silver fonda son propre label Silveto, en 1980 pour une série de projets très singuliers, « consacrés à la place de la spiritualité et de l’éducation comportementale dans la musique ». Le premier, était consacré à ses conseils philosophiques au jeune public, dits par Bill Cosby : « Guides To Growing Up » . Pour le second, « Spiritualizing The Senses », Horace Silver fait à nouveau équipe avec le saxophoniste Eddie Harris, mais se dispense d’écrire des paroles, les titres des six compositions se révélant assez explicites.

Avec « There’s No Need To Struggle », le pianiste se retrouve à la fois auteur et compositeur, confiant la plupart de ses textes à un duo vocal… Cette fois encore, il met à profit sa totale liberté artistique pour faire partager des préoccupations spirituelles très personnelles. Et pour être sûr d’être bien compris, Horace Silver rédige lui-même des notes de pochette on ne peut plus explicites.

« N’opposez pas de vaine résistance à vos problèmes, acceptez les et faites tout votre possible pour les surmonter sans panique et sans batailler vainement. Faites appel à l’aide de Dieu. Il vous guidera pour trouver en vous-même les ressources spirituelles, mentales et physiques qui vous permettront de surmonter l’obstacle…

Quand vous comprendrez que Dieu vous aide, pas besoin de se prendre la tête. Sortez et prenez du plaisir, allez au cinéma ou au théâtre, rejoignez une fête ou allez danser, écoutez une musique joyeuse, partez en vacances, régalez-vous avec quelque chose qui vous passionne, sortez-vous les soucis de l‘esprit pour un moment. Quand vous vous y replongerez, vous les surmonterez bien plus aisément. Cherchez à aider ceux qui en ont besoin autour de vous. En leur donnant un coup de main, vous serez plus fort pour vous-même et comprendrez que nous tous, nous ne faisons qu’un dans l’esprit de Dieu.

Il nous faut travailler dur pour assainir notre mode de vie. Recherchons une approche plus spirituelle, une manière de penser qui tourne le dos aux vieux réflexes négatifs et prenne le parti de positiver. Soyons plus attentifs aux autres… Sommes-nous capables de nous transformer profondément sur le plan intérieur avant de chercher à résoudre nos problèmes ? Si c’est le cas, nous sommes sur le bon chemin. »

Aussi curieux que cela puisse paraitre à un esprit cartésien européen, sous l’apparence d’un très prêchi-prêcha aux accents candides, il y a là la trace d’une spiritualité très profondément enracinée dans la culture des jazzmen afro-américains. Si elle a été aussi longtemps passée sous silence (une partie du voile a été levé par l’ouvrage de Raphaël Imbert « Jazz suprême : initiés, mystiques et prophètes »), c’est aussi parce que son expression a rarement été aussi explicite.

Bobby Shew (trompette)
Eddie Harris (sax ténor, voix sur 1 et 2)
Horace Silver (piano, voix sur 2)
Bob Maize (contrebasse)
Carl Burnett (batterie)
Weaver Copeland, Mahmu Pearl (voix sur 4 à 8)
Enregistré à Hollywood le 25 août (1- 4) et le 1er septembre (5-8) 1983

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