Jazz au Trésor : Guy Lafitte et André Persiany - Les Classiques du jazz

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, « Les Classiques du Jazz » réédités chez Fresh Sound, un album de 1955 co-signé par Guy Lafitte et André Persiany.

Jazz au Trésor : Guy Lafitte et André Persiany - Les Classiques du jazz
Guy Lafitte et André Persiany

Paris au milieu des années 50… Guy Lafitte (1927-1998) vient de remporter le Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz (1954) et s’installe pour quatre ans aux Trois Mailletz en compagnie du pianiste André Persiany (1927-2004). Deux des figures émergentes de la prolifique scène parisienne des années 50 décident de s’attaquer à ce qui était alors le « grand répertoire » des classiques du jazz. Les premiers standards, des compositions signées W.C. Handy, Fats Waller, Lil Hardin, Kid Ory… Ils en rassemblent 11 pour un album en quartet au titre évident, « Les Classiques du Jazz », immédiatement récompensé par le Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros en 1956. Du coup ils remettront le couvert l’année suivante,  pour un « Volume 2 » avec 13 autres compositions, Christian Garros en étant le nouveau batteur… Fresh Sound vient de les rééditer conjointement en un CD, « Les Classiques du Jazz, Complete Recordings ».

Sur le sax ténor, Guy Lafitte apportait des innovations harmoniques et rythmiques empruntées au bebop pour les intégrer au classicisme du phrasé des Buddy Tate ou Eddie « Lockjaw » Davis. Il avait trouvé en « Pépé » Persiany un complice parfait qui partageait les mêmes conceptions. Dans les notes de pochette de l’édition originale, Michel Laverdure confiait : « Il régnait ce jour-là dans le studio une ambiance assez inhabituelle, on y sent cette odeur de pipes froides et de mégots éteints des soirées amicales. Peu de disques, à part, par exemple, les grands chefs d’œuvre de Fats Waller, donnent cette impression d’intimité, de parfaite relaxation. On a vraiment la certitude que les musiciens jouent avant tout pour leur propre plaisir, heureux d’être réunis, de faire le jazz qu’ils aiment, sans penser aux micros, aux ingénieurs du son ou… à leur contrat. » Et Guy Lafitte de résumer en une formule limpide : « Nous avons joué les mains dans les poches ».

  • Down in Honky-Tonk Town 
  • At Sundown 
  • Careless Love 
  • Ole Miss  (*) 
  • Struttin' with Some Barbecue (*)

Guy Lafitte (sax ténor)
André Persiany (piano)
Paul Rovère (contrebasse)
Teddy Martin (batterie).
Enregistré à Paris les 20 octobre et (*) 2 décembre 1955