Jazz au Trésor : George Arvanitas - Soul Jazz

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound des premiers enregistrement du quintet de George Arvanitas en 1960 et 61.

Jazz au Trésor : George Arvanitas - Soul Jazz
Soul Jazz

Avec « Soul Jazz », George Arvanitas s’émancipe du format en trio qu’il affectionne et révèle en 1960 une nouvelle génération : Daniel Humair (22 ans), François Jeanneau (25), Bernard Vitet (26). Seul Michel Gaudry (32) était plus âgé que le pianiste.

Georges Arvanitas, disparu en 2005, était né à Marseille le 13 juin 1931. C’est là qu’il se fit remarquer comme le pianiste le plus audacieux de la ville dans la seconde moitié des années 40. Jusqu’en 1952 il était celui à qui faisaient appel les musiciens américains de passage : James Moody, Don Byas, Buck Clayton… Il s’installa à Paris en 1953 après avoir effectué son service militaire à Versailles, d’où il s’échappait régulièrement pour des jam sessions. Dans la foulée, il se retrouva embauché au Tabou avant d’intégrer le groupe de Michel Attenoux aux Trois Mailletz. C’est d’ailleurs avec cet ensemble que l’on trouve ses premières races enregistrées.

Il sera ensuite le pianiste du Paris Jazz Trio, avec Guy Lafitte et Christian Garros. En 1958 il fit partie du quartet du vibraphoniste Michel Hausser qui était installé à demeure au Chat qui Pêche, avant d’alterner avec André Persiany au Trois Mailletz. La même année il enregsitra son premier grand disque en trio, « 3 a.m. » en compagnie de Doug Watkins et Art Taylor.

C’est en septembre 1959 qu’il prit goût à la formule du quintet en jouant au Slow Club avec une nouvelle génération : Bernard Vitet au bugle, François Jeanneau au sax ténor, Luigi Trussardi ou Henri Boiron à la contrebasse et Michel Babault à la batterie. L’envie d’en devenir le leader allait s’imposer. En janvier 1960, Arvanitas rassembla Vitet, Jeanneau et Trussardi et fit appel à Daniel Humair qui venait d’arriver à Paris. Ils se trouvèrent engagés au Club Saint-Germain, mais comme le batteur Mac Kac Reilles était titulaire du contrat du club, Humair dut laisser sa place… Il en profita pour monter un trio avec François Jeanneau  et Michel Gaudry (contrebasse). Le jeu de chaises musicales venait de commencer : Jeanneau avait été remplacé par Bob Garcia, mais quand Humair partit rejoindre le trio de Martial Solal, il retrouva sa place au sein du quintet au Club Saint-Germain. Lorsque Vitet quitta provisoirement le groupe, ça devint un quartet ! 

C’est alors que Georges Arvanitas décida d’enregistrer un album pour Columbia et réunit les membres de départ, remplaçant simplement le bassiste : Michel Gaudry prit la place de Luigi Trussardi. Ainsi naquit « Soul Jazz ». À la fin de l’année, Mac Kac dut renoncer à jouer pour diriger le club et le nouveau batteur fut Michel Babault. Le nouveau groupe enregistra en avril un EP, avec les compositions du film La Bride sur le cou de Roger Vadim. Deux estraits en siont proposés dans cette réédition Fresh Sound, ainsi que trois extraits d’un concert à la RTF en février 1961.

  • Bemsha Swing 
  • Oblivion
  • This Here
  • Sonnymoon for Two

"Soul Jazz"
Bernard Vitet (bugle)
François Jeanneau (sax ténor)
Georges Arvanitas (piano)
Michel Gaudry (contrebasse)
Daniel Humair (batterie)
Enregistré à Paris, 22 et 24 juin 1960

  • Brigitte Strip Blues

"La bride sur le cou"
Bernard Vitet (bugle)
François Jeanneau (sax ténor)
Georges Arvanitas (piano)
Luigi Trussardi (contrebasse)
Michel Babault (batterie)
Enregistré à Paris, 19 avril 1961