Jazz au Trésor : The Complete Dial Modern Jazz Sessions

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, « The Complete Dial, Modern Jazz Sessions », rééditées par Mosaic.

Jazz au Trésor : The Complete Dial Modern Jazz Sessions
Photo - montage couv The Complete Dial Modern Jazz Sessions MEA 603*380

Sous la houlette de Michael Cuscuna, Mosaic réalise, une fois de plus, un splendide travail de musicologue. Ross Russell, le créateur des disques Dial, se voit chargé de raconter l’histoire de son éphémère label (1946-1948) et Tony Williams revient sur les détails de chacune des 20 séances : 32 pages au format 30x30cm, abondamment illustrées de photos in situ, reproduction du contrat manuscrit avec Charlie Parker inclus.

Le contexte est celui de de la fin du règne des trois majors de l’entre-deux-guerres, Victor, Columbia et Decca et de l’explosion des labels indépendants à la fois sur la West Coast (Dial, Sunset, Atomic, Aladdin, Gene Norman Presents, JATP…) et sur la Côte Est (Commodore, Blue Note, Savoy, Comet…). Sur le modèle de Milt Gabler et de son magasin Commodore à New York, Ross Russell avait ouvert une boutique à Los Angeles, Tempo Music. Et comme Gabler il eut envie de créer un label pour enregistrer les musiciens qu’il aimait.

C’est ainsi qu’il fit signer un contrat d’un an à Charlie Parker, le 26 février 1946 pour une douzaine de 25cm, avec liberté totale laissée à Bird. Dizzy Gillespie avait enregistré une première séance le 5 février 1946, dont un titre avec Bird, mais les premiers vrais débuts de ce dernier se déroulèrent le 28 mars 1946 au cours d’une séance légendaire avec Miles Davis, très souvent rééditée, qui vit notamment l’enregistrement du phénoménal break d’alto sur Night in Tunisia.

Beaucoup moins connue, la séance du 6 juin 1945 à New York, confiée à Red Norvo par le label Comet fut rachetée par Ross Russell un an après qu’il ait cessé d’enregistrer du jazz pour se consacrer à la musique contemporaine (Schoenberg, Messiaen, Webern, Bartok et John Cage). Ce qui le fascinait était la manière dont Red Norvo avait réuni des anciens (Teddy Wilson, Slam Stewart) et des modernes (Dizzy et Bird) dans un ensemble témoignant du basculement en cours de l’histoire du jazz.

Les sept séances avec Charlie Parker enregistrées pour Dial comptent parmi ses sommets, mais le label a capté aussi le fameux The Chase des ténors Dexter Gordon et Wardell Gray, enregistré des solos d’un jeune prodige nommé Erroll Garner, le trio de Dodo Marmarosa et quelques autres joyaux de l’éclosion du bebop. Avec la conviction d'être à la pointe de la modernité en en prenant les risques.

- Lundi 4 : Night In Tunisia
Charlie Parker Sextet
Charlie Parker (sax alto)
Miles Davis (trompette)
Lucky Thompson (sax ténor)
Dodo Marmarosa (piano)
Arv Garrison (guitare)
Vic MicMillan (basse)
Roy Porter (batterie)
Hollywood, 28 mars 1946

- Mardi 5 : Dialated Pupils
Howard McGhee/Dodo Marmarosa Sextet
Howard McGhee (trompette)
Teddy Edwards (sax ténor)
Dodo Marmarosa (piano)
Arvin Garrison (guitare)
Bob Kesterson (contrebasse)
Roy Porter (batterie)
Hollywood, 18 octobre 1946

  • Mercredi 6 : This Is Always
    Charlie Parker Quartet
    Charlie Parker (sax alto)
    Erroll Garner (piano)
    Red Callender (contrebasse)
    Harold « Doc » West (batterie)
    Earl Coleman (voix)
    Hollywood, 19 février 1947
  • Jeudi 7 : The Chase
    Dexter Gordon, Wardell Gray Quintet
    Dexter Gordon, Wardell Gray (sax ténor)
    Jimmy Bunn (piano)
    Red Callender (contrebasse)
    Chuck Thompson (batterie)
    Hollywood, 12 juin 1947
  • Vendredi 8 : Blues Garni
    Erroll Garner (piano)
    Hollywood, 10 juin 1947