Jazz au Trésor : Blossom Dearie - Little Jazz Bird, 1952-59

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Pour deux semaines, la publication, en un triple coffret chez Frémeaux de « Little Jazz Bird, 1952-59 », les débuts de la pianiste et chanteuse Blossom Dearie à Paris et à New York.

Jazz au Trésor : Blossom Dearie - Little Jazz Bird, 1952-59
Blossom Dearie "Little Jazz Bird, 1952-59", © Frémeaux & Associés

Blossom Dearie a bouleversé les codes du jazz avec sa voix douce et enfantine. Pianiste de talent imprégnée des cultures américaines et françaises, elle contribua à faire connaître les grands auteurs des deux côtés de l’Atlantique. Parisienne d’adoption, elle a fondé le groupe vocal Les Blue Stars et c’est grâce à Eddie Barclay qu’elle décroche son premier contrat de disque avant d’être signée par le prestigieux label de jazz américain Verve qui lui apportera un rayonnement international.

Blossom Margerete Dearie (18 avril 1924 – 7 février 2009) est née à East Durham, dans l’état de New York d’un père d’origine irlando-ecossaise et d’une mère d’origine norvégienne. Elle étudie le piano classique dès sa plus tendre enfance puis découvre le jazz à l’adolescence. Après ses études secondaires, elle déménage à New York pour y débuter sa carrière et se produit dans différents groupes tels que The Blue Flames (avec le Woody Herman Orchestra) et The Blue Reys (avec l’Alvino Rey’s Band) et pose sa voix sur le disque de King Pleasure avec le morceau Moody’s Mood For Love (45 tours Prestige) en 1952. Cette même année, elle s’installe à Paris et forme Les Blue Stars, un octuor de jazz vocal dont fait partie Christiane Legrand, sœur de Michel. Le groupe se fait connaître en 1954 avec le succès de La Légende du pays aux oiseaux, adaptation par Jean Constantin sur des arrangements de Michel Legrand, de la chanson Lullaby of Birdland de George Shearing. Blossom Dearie rencontre dans la capitale française son futur mari, le saxophoniste et flûtiste belge Bobby Jaspar.

Eddie Barclay, éditeur de l’album des Blue Stars, remarque son talent tout particulier et lui fait enregistrer son premier album sur lequel elle joue du piano mais ne chante pas « Miss Blossom Dearie et sa musique jazz sweet » (33 tours 25 cm Barclay 88.001) sorti en 1955.

Un quarante-cinq tours inédit jusque-là en CD paraît en 1956 et comporte quatre titres « Blossom Dearie piano » (45 tours EP 17 cm Barclay 74.017). C’est également à Paris que l’impresario Norman Granz l’entend et la signe sur le label qu’il crée aux États-Unis : le légendaire Verve Records. Une fois Blossom Dearie retournée Outre-Atlantique en 1956, les Blue Stars continuent à enregistrer pendant deux ans sous la houlette de Mimi Perrin et la formation évoluera pour devenir les Swingle Singers.

Le premier album américain de Blossom Dearie est enregistré dès son retour en 1956, elle s’accompagne au piano et est entourée de Ray Brown à la basse, Herb Ellis à la guitare et Jo Jones à la batterie. L’album éponyme, « Blossom Dearie », comporte quatorze titres (33 tours 30 cm Verve Records MG V-2037).

C’est avec la même formation, qu’elle enregistre son deuxième album : « Give Him The Ooh-La-La » (33 tours 30 cm Verve Records MGV-2081). Thomas Dutronc reconnaîtra s’être beaucoup inspiré de la version de Plus je t’embrasse de Blossom Dearie pour sa propre version dans l’album « Frenchy » en 2020.

L’amitié entre Eddie Barclay et Michel Legrand les pousse à faire des séances d’écriture autour du piano ; pour un des thèmes composés par Michel, Eddie lui présente un auteur du nom d’Eddy Marnay, le thème devient La valse des Lilas, chanson magique qui est immédiatement enregistrée par Renée Lebas, Catherine Sauvage et Jacqueline François. Blossom Dearie en joue un jour le thème au célèbre parolier Johnny Mercer qui en écrit l’adaptation anglaise, Once Upon A Summertime, qu’elle enregistre rapidement suivie par Tony Bennett et Sarah Vaughan. La chanson deviendra le morceau titre de son nouvel album « Once Upon A Summertime » avec toujours Ray Brown à la basse, cette fois-ci entouré d’Ed Thigpen à la batterie et Mundell Lowe à la guitare (33 tours 30 cm Verve Records - MGV-2111).

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L’année 1959 sera bien remplie avec pas moins de deux albums : l’un intégralement consacré aux chansons du duo Betty Comden et Adolph Green : « Blossom Dearie Sings Comden and Green » (33 tours 30 cm Verve Records - MGV-2109). L’autre, « My Gentleman Friend » reprend le Boum ! De Charles Trenet et deux chansons de Paul Misraki. Elle y est accompagnée de Ray Brown à la basse, Ed Thigpen à la batterie, Kenny Burrell à la guitare plus, pour les trois chansons françaises, Bobby Jaspar à la flute et au saxophone ténor (33 tours 30 cm Verve Records - MGV-21251).

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Blossom Dearie enregistrera six albums pour Verve Records, elle sera l’invitée régulière du Today show de Dave Garroway et enregistre en 1962 une publicité pour Hires Root Beer qui sera très populaire. En 1964, elle enregistre l’album « May I Come In ? », cette fois avec un grand orchestre, durant cette période elle se produit régulièrement dans les club new-yorkais et en 1966, apparaît pour la première fois au Ronnie Scott’s de Londres. Durant les années soixante, elle enregistre quatre albums en Grande-Bretagne parus sur le label Fontana. En 1974, Blossom Dearie fonde son propre label Daffodil Records qui lui permet d’avoir un meilleur contrôle de ses productions et de sa distribution. Durant toute sa carrière, elle apparaîtra régulièrement à la télévision et prêtera notamment sa voix au programme éducatif Schoolhouse Rock. En 1983, elle reçoit le premier Mabel Mercer Foundation Award. Les chansons et la voix de Blossom Dearie apparaîtront dans de nombreux films et elle collaborera avec d’autres artistes dont Lyle Lovett. Elle continuera à se produire dans les clubs londoniens et américains jusqu’en 2006. Elle meurt le 7 Février 2009 des suites d’une longue maladie à son appartement new-yorkais de Sheridan square à Greenwich village. Olivier Julien

  • Blue Moon

« Miss Blossom Dearie et sa musique jazz-sweet »
Blossom Dearie, piano
Herman Garst, contrebasse
Bernard Planchenault, batterie
Enregistré à Paris, 1955

  • Old Devil Moon

« Piano »
Blossom Dearie, piano
Bobby Jaspar, flûte
Benoît Quersin, contrebasse
Christian Garros, batterie
Enregistré à Paris, 16 janvier 1956

  • Deed I Do
  • Tout doucement

« Blossom Dearie »
Blossom Dearie, piano, voix
Herb Ellis, guitare
Ray Brown, contrebasse
Jo Jones, batterie
Enregistré à New York, 11-12 septembre 1956

  • Just One Of Those Things
  • Plus je t’embrasse

« Give Him The Ooh-La-La »
Blossom Dearie, piano, voix
Herb Ellis, guitare
Ray Brown, contrebasse
Jo Jones, batterie
Enregistré à New York, 12-13 septembre 1957

  • Doop-Dee-De-Doop (A Doodlin' Song)
  • Tea For Two

« Once Upon A Summertime »
Blossom Dearie, piano, voix
Mundell Lowe, guitare
Ray Brown, contrebasse
Ed Thigpen, batterie
Cy Coleman (voix)
Enregistré à New York, 12-13 septembre 1958

  • The Party's Over

« Sings Comden and Green »
Blossom Dearie, piano, voix
Kenny Burrell, guitare
Ray Brown, contrebasse
Ed Thigpen, batterie
Enregistré à New York, 8-9 avril 1959

  • Chez moi

« My Gentleman Friend »
Blossom Dearie, piano, voix
Bobby Jaspar, flûte
Kenny Burrell, guitare
Ray Brown, contrebasse
Ed Thigpen, batterie
Enregistré à New York, 21-22 mai 1959