Jazz au Trésor : Bill Evans, Jeremy Steig - What's New

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, au sein de la série « 5 Original Albums » du fonds de catalogue Universal, un « What’s New » qui voit en 1969 le trio de Bill Evans inviter le flûtiste Jeremy Steig.

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Bill Evans, Jeremy Steig

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Dans la carrière de Bill Evans, il y avait déjà eu une rencontre avec un flûtiste, Herbie Mann en 1961-62 pour un album co-signé : « Nirvana ». Quant à la formule du quartet, elle a été relativement rare dans la carrière prolifique du pianiste. Il avait ainsi enregistré à ses débuts sous la houlette du clarinettiste et saxophoniste Tony Scott, puis, curieusement, avec une série de vibraphonistes (Don Elliott, Eddie Costa et Dave Pike), ainsi qu’avec le guitariste Joe Puma. Enfin, il avait déjà co-signé d’autres albums en quartet, mais avec des saxophonistes : Cannonball Adderley en 1961 (« Know What I Mean ») et Stan Getz en 1964 (« Stan Getz And Bill Evans »).

Cet album de 1969 avec Jeremy Steig serait le dernier de sa discographie dans ce format. En dehors du trio et des formules intimistes du solo ou du duo, il y aura quelques incartades en quintet, mais pas en quartet. Une curiosité, la rencontre avec Herb Geller, à la flûte lui aussi, à Hambourg en 1971, incluse dans un disque pirate.

La flûte, Bill Evans l’avait pratiquée pendant 14 ans dans sa jeunesse, pour finir par se retrouver flûtiste de l’orchestre de son régiment durant son service militaire. Quant au choix de Jeremy Steig, de treize ans ans le cadet de Bill Evans, il s’explique. D’une part Bill Evans le connaissait depuis 1964, quand il était le flûtiste du groupe de Paul Winter avec lequel Chuck Israels, son précédent bassiste, avait joué. D’autre part, pour son premier album, « Flute Fever », en 1963, Jeremy Steig avait fait appel au pianiste Denny Zeitlin, très proche humainement et musicalement de Bill Evans. Enfin, quelques mois plus tôt, en 1968, Eddie Gomez avait participé à l’enregistrement de l’album « Jeremy & The Satyrs » et Jeremy Steig qui habitait à côté du Village Vanguard ne manquait jamais une occasion de faire le bœuf avec le trio quand il jouait dans le club.

Dans les notes de pochette, Bill Evans explique que c’est précisément parce qu’il connait bien la flûte qu’il a mesuré l’immense talent de Jeremy Steig et l’originalité de son approche de l’instrument, très différente de celles d’Eric Dolphy ou de Rahsaan Roland Kirk.

Pour ce qui est du trio, c’est à l’été 1966 que Eddie Gomez est devenu le contrebassiste de Bill Evans. Il le restera jusqu’en 1977. Et après une période d’hésitation et d’essais de plusieurs batteurs, le choix du pianiste s’était finalement fixé sur Marty Morell à l’automne 1968. Il resterait six ans, jusqu’à ce qu’Eliot Zigmund lui succède en 1975.

Pour l’invitation de Jeremy Steig, le répertoire fait la part belle à celui que jouait Miles Davis au moment où Bill Evans faisait partie de son quintet. À l’exception de deux curiosités, deux blues, une forme rarement jouée par Bill Evans, contrairement aux valses qu’il affectionnait. C’est ainsi que l’album s’ouvre par un blues de Thelonious Monk (Straight No Chaser ) et inclut une improvisation sur une grille de blues, Time Out For Chris.

Jeremy Steig, flûte
Bill Evans, piano
Eddie Gomez, contrebasse
Marty Morell, batterie
Enregistré au Webster Hall de New York les 30 janvier, 3, 4, 5 février et 11 mars 1969.