Jazz au Trésor : Ben Webster - The Quintessence

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la publication chez Frémeaux, de la quintessence du saxophoniste Ben Webster (1940-62).

Jazz au Trésor : Ben Webster - The Quintessence
Ben Webster, © Getty / William Gottlieb

Co-signé par le trio d’experts constitué d’Alain Gerber, Alain Tercinet et Daniel Nevers, ce florilège de Ben Webster (1909-1973) est un nouveau bijou de référence de la collection « The Quintessence ». Repris sur le site du label, la chronique d’Eric Quenot, dans Jazz Magazine, résume parfaitement les enjeux de cette anthologie compacte : « L’attribution d’un Choc était évidente avant même l’écoute de ce coffret eu égard tant au contenu musical – véritable mine d’or – qu’à la qualité du livret, toujours aussi clair et documenté sous la plume du regretté Alain Tercinet. Réécouter un musicien que tout le monde connaît (Webster est dans toutes les compilations jazz) est toutefois toujours riche d’enseignements et cette écoute semblait forcément devoir donner matière à de nouvelles réflexions, tant sur l’homme que sur le jeu.

Finalement il n’en est rien : ces quelque vingt-six pièces maîtresses gravées en compagnie de Jack Teagarden, Duke Ellington, Benny Carter, Harry « Sweets » Edison… ne dégagent en effet, au-delà du plaisir habituel, aucune sensation inédite, pour la bonne raison que tout a été dit et analysé au sujet de Webster : une sonorité magnifique (jeune, Webster a d’abord joué du violon), un feeling monstrueux balançant entre le rugueux et le suave à un point parfois caricatural, un placement rythmique faussement nonchalant auquel Lester Young n’est bien sûr pas étranger, et par-dessus tout cette capacité à traverser les époques (Webster disparaîtra en 1973) sans rien changer à un jeu basé avant tout, a l’instar de celui de Paul Gonsalvez, sur le style . Un style et un jeu moins audacieux, mais également peut-être moins surannés que ceux de Coleman Hawkins sur ce Blues for Yolande par exemple, gravé par les deux géants en 1957, car encore plus riche, et ça n’est pas peu dire, de chaleur et d’humanité. J’ai d’ailleurs l’impression que certains jeunes saxophonistes ténor d’aujourd’hui, sans être évidemment « websteriens », reviennent à un type de jeu tourné vers le mélodique et le narratif. »

Chelsea Bridge
Duke Ellington and his Orchestra :
Wallace Jones, Ray Nance (trompette), Rex Stewart (cornet)
Tricky Sam Nanton, Lawrence Brown (trombone), Juan Tizol (trombone à pistons solo)
Barney Bigard (clarinette, sax ténor), Johnny Hodges, Otto Hardwicke (sax alto), ben Webster (sax ténor solo), Harry Carney (sax baryton, sax alto, clarinette)
Duke Ellington (piano)
Fred Guy (guitare)
Jimmy Blanton (contrebasse)
Sonny Greer (batterie)
Billy Strayhorn (arrangement)
Enregistré à Hollywood, le 17 septembre1941

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Ben Webster : Chelsea Bridge

Cotton Tail
Danny Boy

Ben Webster (sax ténor)
Oscar Peterson (piano)
Barney Kessel (guitare)
Ray Brown (contrebasse)
J.C. Heard (batterie)
Enregistré à New York, le 21 mai 1953

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Ben Webster : Cotton Tail

À ÉCOUTER

OPEN JAZZ - Ben Webster : Danny Boy

My Ideal
Ben Webster (sax ténor)
Art Tatum (piano)
Red Callender (contrebasse)
Bill Douglas (batterie)
Enregistré le 11 septembre 1956

Blues for Yolande
Coleman Hawkins, Ben Webster (sax ténor)
Oscar Peterson (piano)
Herb Ellis (guitare)
Ray Brown (contrebasse)
Alvin Stoller (batterie)
Enregistré à Los Angeles, le 16 octobre 1957