Jazz au Trésor : Barre Phillips - Music By

Jamais réédité en CD, l'album "Music By" de Barre Phillips pour ECM en 1980 chante par tous les pores : deux vocalistes, deux souffleurs. Twitter en ouverture. Prémonitoire…

Jazz au Trésor : Barre Phillips - Music By
Barre Phillips & John Surman ©X/DR

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En 1980, Barre Phillips a 46 ans (le contrebassiste est né le 27 octobre 1934 à San Francisco). Ses premiers témoignages enregistrés datent de 1965 avec Attila Zoller et surtout Archie Shepp pour un fabuleux Matin des Noires dans "New Thing At Newport". Après un court séjour à New York, de 1962 à 65, il est convaincu que la situation d'un musicien d'avant-garde y est sans espoir et choisit de s'expatrier en Europe en 1967 et s'illustrera immédiatement dans The Trio, groupe légendaire avec John Surman et Stu Martin (que Michel Portal invitera en 1970 pour son disque "Alors!") et par l'enregistrement du premier album de contrebasse solo de l'histoire du jazz et des musiques improvisées, "Journal Violone" (alias "Basse Barre") ! Il vit en Provence depuis 1972.

Son chemin allait inévitablement croiser celui de Manfred Eicher et du label ECM. D'abord pour un enregistrement à deux contrebasses avec Dave Holland en 1971, puis pour une série d'albums où il se révèle compositeur et créateur d'un univers musical très singulier, poétique, chantant, fragile. Après "Mountainscape" (1976), "Three Day Moon" (1978) et "Journal Violone II" (1979), il grave ce "Music By". Un si doux lyrisme, curieusement jamais réédité en CD.

Bien avant que Twitter devienne un réseau social, c'était la première plage de "Music By", bâti sur une syncope entre batterie et clarinette-basse évoquant le rythme ferroviaire, avant de se développer en triangle entre John Surman et les voix d'Aina Kemanis et de Claudia Phillips, la fille de Barre, magnifiquement mise en valeur ici. On la retrouve au centre du jeu dans le plus improvisé Angleswaite et traçant des courbes fluides avec Aina Kemanis sur Elvid Kursong. Dans Pirthrite la musique hésite entre la marche et le requiem et met en lumière le son d'alto du saxophoniste Hervé Bourde, qui s'est consacré depuis aux musiques de scène. Longview affiche au contraire une unité de ton entre une sorte de bégaiement pétillant, signé Claudia Phillips et prolongé par le ténor d'Hervé Bourde.

Barre Phillips, contrebasse
Aina Kemanis, Claudia Phillip s, voix
John Surman, sax soprano, sax baryton, clarinette basse
Herve Bourde, sax alto, sax tenor, flutes
Pierre Favre, batterie, percussions
Enregistré en mai 1980 au Tonstudio Bauer de Ludwigsburg

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