Jazz au Trésor : Art Pepper - Meets The Rhythm Section

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, un joyau de la West Coast en 1957, « Art Pepper Meets the Rhythm Section ».

Jazz au Trésor : Art Pepper - Meets The Rhythm Section
Art Pepper, © Getty / JP Jazz Archive

Entre deux séjours en prison pour détention et usage de stupéfiants, le saxophoniste  découvrit au matin du 19 janvier 1957, à Los Angeles, qu’il devait enregistrer en fin de journée avec la section rythmique de Miles Davis qui se trouvait disponible. Son saxophone alto attendait d’être réparé, lui-même n’était pas en grande forme. Dans son autobiographie, Straight Life, il prétend n’avoir pas touché son instrument depuis six mois. Pourtant on a bien la trace de séances d’enregistrement quelques jours plus tôt, les 3 et 14 janvier, et de pas mal d’autres en novembre et décembre…

Bref, en dépit de toutes les attentes, il enregistre là un de ses albums majeurs. Un diamant brut. Une rencontre entre la fièvre de Côte Est représentée par la rythmique et le son de la West Coast incarné par le saxophoniste. Le point de tension extrême du cool et du hot, qui fut la signature de Art Pepper. Avec Warne Marsh, Lee Konitz, Gerry Mulligan, Zoot Sims, Al Cohn, Paul Desmond, Stan Getz et Phil Woods, il fut l’un des rares saxophonistes blancs parvenant à s’imposer dans des décennies dominées par les légendes afro-américaines.

Le signal fut donné en 1952, quand il talonna Charlie Parker comme meilleur saxophoniste alto dans le référendum de DownBeat. Et les années 1956-60 le voient particulièrement en verve, avec deux grands disques en 1959 (« Art Pepper + Eleven » et « Modern Jazz Classics ») et deux autres en 1960 (« Gettin’ Together » et « Smack Up »). Mais aucun ne recèle la grâce et l’émotion à fleur de peau de « Art Pepper Meets The Rhythm Section » ! Il faut dire que la section rythmique en question est un modèle de tapis volant au service du soliste.

  • You'd Be So Nice To Come Home To
  • Imagination
  • Waltz Me Blues
  • Star Eyes
  • Straight Life

Art Pepper (saxophone alto)
Red Garland (piano)
Paul Chambers (contrebasse)
Philly Joe Jones (batterie)
Enregistré à Los Angeles, 19 janvier 1957