Jazz au Trésor : The Amazing Sound of Toots Thielemans

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, les débuts new-yorkais en leader du grand harmoniciste belge Toots Thielemans, disparu le 22 août dernier à l’âge de 94 ans.

Jazz au Trésor : The Amazing Sound of Toots Thielemans
Toots Thielemans ©tootsthielemans.com

À ÉCOUTER

Toots Thielemans : On The Alamo du 03 Octobre 2016

À ÉCOUTER

Toots Thielemans : Don't Be That Way du 04 Octobre 2016

À ÉCOUTER

Toots Thielemans : Skylark du 05 Octobre 2016

À ÉCOUTER

Toots Thielemans : Tangerine du 06 Octobre 2016

À ÉCOUTER

Toots Thielemans : Early Autumn du 07 Octobre 2016

Toots Thielemans avait 29 ans quand il décida de quitter Bruxelles tenter l’aventure à New York, en 1951, sa guitare sous un bras et son harmonica dans la poche. L’année suivante, il se retrouva embauché dans le quintet d’un autre expatrié, le pianiste George Shearing. Et le monde du jazz réalisa qu’il pouvait avantageusement emprunter un élément supplémentaire au blues, l’un de ses instruments emblématiques, l’harmonica. Parce que Toots respirait le swing à chaque phrase en se jouant de la mélodie et des acrobaties harmoniques.

Lorsque Nat Hentoff l’interviewe pour Down Beat en 1953, Toots Thielemans est on ne peut plus clair sur ses ambitions : « Ce qui m’intéresse le plus aujourd’hui, c’est l’harmonica. J’adore en jouer. Je lui sens un énorme potentiel. Vous pouvez en extraire un son de clarinette, des glissandos de violon, des effets d’harmoniques en octaves, en accélérant le tempo vous n’êtes pas loin du son du piano, mais il peut aussi vous emporter comme un sax ténor… J’utilise un harmonica chromatique à trois octaves, ça coûte entre 12 et 18 dollars et en travaillant sérieusement, on peut arriver à jouer dans toutes les tonalités. La principale difficulté, c’est le phrasé , bien sûr, puisque les notes sont alternativement expirées et inspirées. C’est pourquoi il faut connaitre son instrument sur le bout des doigts si on veut parvenir à improviser. Je suis parvenu à obtenir un gros son en soufflant doucement avec un micro. Dès que je suis dans un groupe, je suis contraint d’utiliser une amplification. Bref, ce qui est fondamental, c’est de considérer l’harmonica comme un instrument à part entière, pas comme un jouet. »

Au printemps 1955, il enregistrera pour Columbia son premier album personnel, « The Sound », en trois séances successives. Avec un quatuor de trombones, avec un trio de saxophones ou la seule section rythmique. Rebelote en janvier 1958, avec des formation similaires pour « Time Out for Toots » chez Decca. Tous deux ont été réédités chez Fresh Sound (dist. Socadisc).

On The Alamo
Toots Mondello, Artie Beck (sax alto, clarinette), George Berg (sax ténor, clarinette), Carl Prager (sax basse, clarinette), Toots Thielemans (harmonica), Tony Mottola (guitare), Oscar Pettiford (contrebasse), Cliff Leeman (batterie).
Enregistré à New York, avril 1955

Don’t Be That Way
Toots Thielemans (harmonica), Ray Bryant (piano), Wendell Marshall (contrebasse), Bill Clark (batterie).
Enregistré à New York, avril 1955

Skylark
Lou McGarity, Al Godlis, Billy Rauch, Jack Satterfield (trombone), Toots Thielemans (harmonica), Tony Mottola (guitare), Oscar Pettiford (contrebasse), Cliff Leeman (batterie).
Enregistré à New York, avril 1955

Tangerine
Toots Thielemans (harmonica), Hank Jones (piano), Doug Watkins (contrebasse), Art Taylor (batterie).
Enregistré à New York, 22 janvier 1958

Early Autumn
Al Cohn, Zoot Sims (sax ténor), Al Epstein, Danny Bank (sax baryton), Toots Thielemans (harmonica), Hank Jones (piano), Barry Galbraith (guitare), Doug Watkins (contrebasse), Art Taylor (batterie), Ralph Burns (arrangements).
Enregistré à New York, 24 janvier 1958

Sur le même thème