Jazz au Trésor : Al Belletto - Quintet & Sextet 1954-57

La séquence des perles et des inédits ressortis de l’oubli. Cette semaine, la réédition chez Fresh Sound de « The Al Belletto Quintet & Sextet, 1954-57 » dont le sous-titre éclaire le propos : du jazz moderne à écouter et à danser.

 Jazz au Trésor : Al Belletto - Quintet & Sextet 1954-57
Al Belletto quintet & sextet 1954-1957, © Fresh Sound

Mais où va-t-il chercher tout ça ? Quand, pour son label Fresh Sound,  Jordi Pujol débusque sur des étagères improbables des musiciens défiant la tentation exhaustive du Dictionnaire du Jazz, on se dit qu’il a encore de belles années devant lui à nous étonner. Comme avec cet Al Belletto  (1928-2004) oublié de tous, malgré sa popularité du milieu des fifties. 

L’histoire avait démarré en décembre 1952, lorsque le néo-orléanais Al Belletto, excellent clarinettiste et saxophoniste alto, décida de former son propre quintet. Encouragé par Stan Kenton, en moins de deux ans, Al Belletto se retrouverait enregistrer pour le label Capitol dans la série « Kenton Presents Jazz ». La raison en était évidente pour le maître : « ils jouent d’une seule voix, avec une incroyable variété de couleurs et de nuances ».

Chacun des musiciens possédait une technique achevée et à l’exception du batteur, ils pouvaient tous jouer également d’un second instrument, voire plus. De plus, même si Jimmy Guinn – le tromboniste -  était le chanteur soliste, chaque instrumentiste pouvait se transformer en membre d’un quintet vocal rappelant les Four Freshmen. Mel Tormé les avait entendus au Gus Steven’s de Biloxi dans le Mississippi où ils avaient un engagement de plusieurs semaines. Il avait besoin d’un ensemble vocal pour faire les chœurs… et ils y prirent goût sans avoir jamais chanté précédemment ! 

Début 1955, le groupe devint sextet avec l’arrivée d’un contrebassiste. « C’était important pour se rapprocher du son d’un big band », confia alors Al Belletto.

Cette capacité d’adaptation permanente, alliée à l’envie de plaire au public, leur ouvrirait les portes des lieux musicaux de tous les États-Unis et trois engagements par an au Birdland new-yorkais. Le registre festif du répertoire, emprunté à Mel Tormé, Nat Pierce, Neal Hefti, Johnny Mandel et Shorty Rogers, à côté des compositions signées par les membres du sextet eux-mêmes allait aussi leur faciliter la tâche. Sans compter l’enthousiasme d’un producteur de radio, Dick Martin, qui les passait en boucle sur WWL et les diffusa dans tout le pays. 

À l’automne 1958, Woody Herman intégra le sextet comme une colonne vertébrale de son orchestre pour une tournée triomphale en Amérique du Sud. Et l’histoire s’acheva avec la disparition de nombreux clubs de jazz en 1960 sur l’ensemble des USA : douze des points de chute réguliers du sextet venaient de mettre la clef sous la porte. Lors d’un engagement au Playboy Club de Chicago, Al Belletto se vit proposer de prendre la direction du développement des Playboy Clubs à travers le pays. Il en ouvrit huit et se produisit avec une telle intensité que ses lèvres en souffrirent au point de l’empêcher de poursuivre sa carrière de saxophoniste. Il décida alors de prendre sa retraite à New Orleans.

  • When My Sugar Walks Down the Street

« An Introduction to the Al Belletto Quintet »
Al Belletto (sax alto, voix)
Jack Martin (cor, contrebasse, arrangements, voix)
Jimmy Guinn (trombone, contrebasse, voix)
Fred Cane (piano, sax baryton, voix)
Charles McKnight (batterie, voix)
Enregistré à Chicago, décembre 1954

  • Jeepers Creepers

« Sounds and Songs – The Al Belletto Sextet  »
Al Belletto (sax alto, voix)
Jack Martin (trompette, cor, contrebasse, voix, arrangements)
Jimmy Guinn (trombone, voix)
Fred Cane (piano, sax baryton, voix)
Skip Fawcett (contrebasse, voix)
Charles McKnight (batterie, voix)
Enregistré à Chicago, février 1955

  • Prelude to a Kiss

« Half and Half – The Al Belletto Sextet  »
Al Belletto (sax alto, clarinette, voix)
Willie Thomas (trompette, voix)
Jimmy Guinn (trombone, voix, arrangements)
Fred Cane (piano, sax baryton, voix)
Skip Fawcett (contrebasse, voix)
Tom Montgomery (batterie, voix)
Enregistré à New York, 6 juin 1956

  • Whisper Not

« Whisper Not – The Al Belletto Sextet  »
Al Belletto (sax alto)
Willie Thomas (trompette)
Jimmy Guinn (trombone, arrangements)
Fred Cane (piano)
Kenny O’Brien (contrebasse)
Tom Montgomery (batterie)
Enregistré à Chicago, 17 juillet 1957

  • What's New

« Whisper Not – The Al Belletto Sextet  »
Al Belletto (sax alto)
Willie Thomas (trompette)
Jimmy Guinn (trombone, arrangements)
Fred Cane (sax baryton,)
Kenny O’Brien (contrebasse)
Tom Montgomery (trompette)
Enregistré à Chicago, 19 juillet 1957