Hommage : Disparition du batteur Milford Graves (né le 20 août 1941)

Le batteur et percussionniste Milford Graves est mort le 12 février.

Hommage : Disparition du batteur Milford Graves (né le 20 août 1941)
Milford Graves, © Getty / Jack Vartoogian

Au début des années 50, Milford Graves joue de la musique latine et africaine.Il rencontre Andrew Cyrille, puis Giuseppi Logan (1963), participe à la “Révolution d'octobre" du jazz new-yorkais (1964), co-fonde le New York Jazz Quartet, joue avec Paul Bley, et le Jazz Composer’s Orchestra. On l’entend avec Logan puis Carla Bley à Newport, et en duo avec le percussionniste Sonny Morgan (1965). Il enregistre avec Don Pullen (1966), Albert Ayler, qu’il accompagne à Newport (1967), joue en trio avec Don Pullen et Jazzbo Alexander, et aux funérailles de Coltrane. Il travaille avec Sonny Sharrock (1968), LeRoi Jones, et se produit avec Cecil Taylor. Il participe au New York Jazz Musicians Festival (1972) et donne une série de concerts avec Rashied Ali et Andrew Cyrille. Il fonde (et enregistre pour) l’Institute Of Percusive Studies. 

À partir de 1973, il enseigne au Bennington College (Vermont). On l’entend avec le saxophoniste Hughes Glover, avec qui il vient en France (1974). Il joue à New York avec Arthur Doyle et Glover. Il enregistre sous son nom, puis avec Cyrille, Don Moye et Kenny Clarke (1983). Il joue à New York avec le violoniste Ali Akbar (1984), en trio avec Peter Brötzmann et William Parker, et au Japon (1985). A partir de la fin des années 80, ses apparitions sont plus rares. En 1991, il joue avec David Murray, et à partir de 1998 collabore avec John Zorn. Il a enregistré aussi avec Lowell Davidson, Miriam Makeba. 

Il s’intéresse à la musicothérapie et explore les musiques et les instruments extra-européens. Batteur clef du free-jazz, Milford Graves est autodidacte. Son jeu analytique, attentif au timbre et à la tonalité, occupe le plus grand espace sonore possible. Démarche qui procède d’un vaste projet où, par-delà le cadre du temps et de la mesure, le musicien vise une véritable osmose avec son instrument.
[In Le Nouveau Dictionnaire du jazz - Christian Béthune et Jean-Loup Auvray]