Hommage à Stanley Cowell

Disparition du pianiste et compositeur Stanley Cowell. .

Hommage à Stanley Cowell
Stanley Cowell, © Getty / Tom Copi

L’un des pianistes les plus doux, les plus empreints de spiritualité, de ce feeling consubstantiel au jazz vient de disparaître hier, jeudi 17 janvier. Stanley Cowell s’est éteint au Bayhealth Hospital de Dover, Delaware. Il avait 79 ans. Seulement voilà, Stanley Cowell était un grand discret, si l’on ose l’oxymore… Davantage soucieux de mettre en lumière les leaders qu’il accompagnait avec un goût exquis (Rahsaan Roland Kirk, Sonny Fortune, Gary Bartz, Bobby Hutcherson, Marion Brown, Art Pepper, Stan Getz, Charles Tolliver, Max Roach ou Clifford Jordan notamment) que de sa propre carrière. Sa discographie en leader - une trentaine d’albums en cinq décennies, dont un étonnant “Juneteenth” chez Vision Fugitive en 2015 - l’a moins mis en lumière que sa participation à des albums lumineux de ses employeurs. Une luminosité qui venait souvent de ses propres compositions, solaires, comme jaillies d’hymnes de l’église baptiste.

Dans les années 70, il fut l’un des artisans de “The Piano Choir”, ce projet singulier à sept pianistes, dont ses semblables Harold Mabern et Hugh Lawson. Les albums parurent chez Strata-East, le label qu’il co-fonda avec Charles Tolliver, emblématique des seventies. Avec ce même Tolliver, il co-dirigea à cette époque l’ensemble Music Inc., enregistrant une demi douzaine d’albums. 

C’est aussi parce que Stanley Cowell se retira un temps de la scène pour se consacrer à l’enseignement et à la composition, que son nom n’a guère atteint le grand public. C’est en 2013 qu’il a pris sa retraite d’enseignant à la Rutgers University de Newark. Les jazzmen américains, en tout cas le vénèrent. À l’annonce de son décès, Jason Moran écrivait il y a quelques heures sur Instagram “Stanley a ouvert des voies pour le piano. Souvent, ses deux mains sonnaient comme si elles étaient six. La batterie à la main gauche, les cordes ou la guitare dans le medium, les souffleurs dans le haut du registre, la kalimba en filigrane.”