Hommage à Lyle Mays

Disparition lundi 10 février 2020 du pianiste et compositeur Lyle Mays, à l’âge de 66 ans.

Hommage à Lyle Mays
Lyle Mays, © Getty / Michel Delsol

Lyle Mays vient de disparaître à Los Angeles “des suites d’une longue maladie” ainsi que l’a précisé sa nièce sur les réseaux sociaux. Il était né le 27 novembre 1953 à Wausaukee dans le Wisconsin. A l’église, sa mère joue de l’orgue et accompagne la chorale au piano, tandis que son père est un guitariste autodidacte. Il étudie le piano, notamment avec RIch Matteson et Marian McPartland, et en 1975 entre à la North Texas State University de Denton.

Il fait partie de l’University Lab Band pour lequel il écrit compositions et arrangements. Le disque de ce big band sera le premier enregistrement universitaire en compétition pour les Grammy Awards. La même année, alors qu’il fait partie du Thundering Herd de Woody Herman qui joue au festival de Wichita (Kansas), il rencontre Pat Metheny. C’est le début d’une association de 33 ans et 11 Grammy Awards. Le guitariste lui rend hommage sur son site.

À partir de “Watercolors” (1977), il co-signe avec le guitariste nombre de compositions, musiques de film et de télévisions, et participe à une dizaine de ses disques pour ECM, dont l’iconique “Offramp”, enregistrant aussi avec Eberhard Weber (1982). En 1985, son premier album en leader - avec Alejandro Acuna (batterie), Billy Drewes (saxophones), Bill Frisell (guitare), Marc Johnson et Nana Vasconcelos - est produit par Metheny.

Outre de nombreuses récompenses et sa participation à des musiques de films (“The Falcon And The Snowman” avec Metheny, “Mrs. Soffel”), il a enregistré avec Steve Swallow, la chanteuse Joni MItchell, Bob Moses… En 1992, il tourne avec Bob Sheppard (saxophone), Marc Johnson et Marc Walker (batterie).

Lyle Mays est une sorte de paysagiste lyrique, qui met au service de ses élans romantiques toutes les ressources d’une virtuosité pianistique pleine de trémolos et alanguissements, mais aussi l’infinité de couleurs et nuances offerte par la lutherie électronique. D’où une oeuvre aux allures parfois de collage, voire de tapisserie à la texture complexe, qui semble émerger par juxtaposition de petites touches instrumentales.
(d’après Le nouveau dictionnaire du jazz - Philippe Carles)